Le signalement, signé par le bâtonnier Pierre-Olivier Sur, François Zimeray, Clara Gérard-Rodriguez et Catalina de la Sota, a été adressé au ministre Philippe Baptiste ainsi qu’à l’Office français de l’intégrité scientifique (Ofis). Les avocats accusent le procureur Minang d’avoir « déshonoré son grade universitaire » en orchestrant ce qu’ils qualifient de « parodie de justice » au Gabon.
Eddy Narcisse Minang a en effet obtenu son doctorat à l’Université Panthéon-Assas en juillet 2023, avec une thèse portant sur « Le crime rituel en droit pénal gabonais ». Pour la défense de la famille Bongo, l’exercice de ses fonctions de magistrat entrerait en contradiction frontale avec les valeurs d’intégrité et d’éthique attachées à ce diplôme.
Un procès « inique » au cœur de la discorde
Les avocats dénoncent la conduite du procès tenu en novembre 2025, qu’ils décrivent comme une « caricature » ayant abouti à la condamnation de Sylvia et Noureddin Bongo à 20 ans de réclusion. Ils argumentent que le procès s’est tenu en l’absence de toute défense et sans convocation régulière des accusés, alors même que des recours en cassation étaient encore pendants, rendant l’audience irrégulière selon le Code de procédure pénale appliquée au Gabon.
De plus, la défense continue d’affirmer que Noureddin Bongo aurait été victime de séances de torture documentées, sous les yeux de sa mère, dans le but d’extorquer des avoirs familiaux. Pour les signataires, le procureur Minang n’est pas seulement l’ordonnateur de cette procédure, mais aussi son « metteur en scène » via des conférences de presse jugées « hollywoodiennes ».
L’intégrité scientifique de Minang remis en cause
L’originalité de cette démarche réside dans l’utilisation du cadre réglementaire de la recherche française. Les avocats rappellent que depuis 2022, les docteurs doivent prêter serment de maintenir une « conduite intègre » dans leurs rapports au savoir et à la société. Contactée par notre rédaction, Me Catalina de la Sota, l’une des signataires du signalement, a précisé le sens de cette démarche : « Nous avons saisi les autorités académiques françaises pour dénoncer ce que nous estimons être une trahison des principes attachés au titre de docteur en droit. Le présent signalement concerne un docteur en droit qui a déshonoré son grade universitaire et nous appelons les destinataires du courrier, qui sont garants de la valeur et du sens du titre de Docteur en droit, à donner à cette situation les suites que sa gravité appelle. »
En validant un « simulacre de procès » impliquant des actes de barbarie, le magistrat aurait, selon la défense, violé les principes universels d’équité indissociables de son titre universitaire obtenu à Assas. Parallèlement, une information judiciaire reste ouverte en France depuis décembre 2024 pour « enlèvement, séquestration, tortures et actes de barbarie ».
La réponse d’Eddy Narcisse Minang devrait intervenir dans les prochains jours, avec une probable convocation de la presse au tribunal de Libreville pour une nouvelle mise au point.










