Dans une correspondance officielle transmise à la rédaction, le leader politique dénonce une manœuvre visant à délégitimer l’État gabonais sous couvert d’éthique scientifique, qualifiant la démarche de la défense de « trahison » des principes de souveraineté.
Une ingérence académique jugée inacceptable
Pour le vice-président du BDC, la tentative de mettre en cause le grade universitaire du procureur auprès de l’Université Panthéon-Assas constitue une erreur de droit et une offense diplomatique. Clay Martial Obame Akwe rappelle que « le Gabon est un État indépendant, doté d’institutions juridictionnelles pleinement compétentes pour connaître des infractions commises sur son territoire, conformément à ses lois et à sa Constitution ».
Il martèle avec force : « Nul ordre juridique étranger, fût-il académique, ne saurait se substituer aux juridictions gabonaises ni s’ériger en instance disciplinaire indirecte à l’égard d’un magistrat exerçant des fonctions régaliennes. »
Il souligne par ailleurs une séparation nette des pouvoirs, précisant que le doctorat est un titre académique qui « ne constitue ni un mandat politique, ni une investiture juridictionnelle, encore moins une tutelle morale permanente exercée par une autorité étrangère sur les actes accomplis dans le cadre d’une charge publique relevant d’un État souverain ».
Défense du « brillant procureur » contre des allégations unilatérales
Face aux accusations de « parodie de justice » et de torture portées par le bâtonnier Pierre-Olivier Sur et ses confrères, la riposte est cinglante. Clay Martial Obame Akwe rappelle que ces allégations « demeurent des affirmations unilatérales » qui « ne sauraient, en l’état, tenir lieu de vérité judiciaire ». Il précise que les principes du contradictoire et de présomption de légalité s’imposent tant qu’aucune décision définitive ne les a infirmés.
Le cadre du BDC prend à revers la stratégie de la défense en saluant le parcours du « brillant procureur général Eddy Narcisse Minang », major de sa promotion et ancien procureur général à Oyem et Franceville. Pour lui, l’action du magistrat est l’expression d’une justice qui s’exerce désormais « sans immunité de fait ni privilège d’antan », et son parcours ne saurait être utilisé pour « intimider ou délégitimer l’exercice d’une mission régalienne ».
Mémoire collective et exigence d’extradition
Clay Martial Obame Akwe déplace également le débat sur le terrain de la responsabilité historique, affirmant que les contestations de procédure ne sauraient occulter les souffrances endurées par la population gabonaise pendant des décennies : « Les moyens de torture et de parodie de justice que vous soulevez ne sauraient occulter les décennies de violences, d’injustices structurelles, d’exactions économiques, de pillages à haute échelle des ressources publiques et de détournements massifs de fonds que le peuple gabonais a endurés. La mémoire collective nationale ne peut être sélective. »
Loin de reculer devant la pression internationale, l’homme politique appelle à la poursuite du processus judiciaire. Il affirme que « l’extradition des deux condamnés constitue une exigence de cohérence judiciaire et de respect des décisions rendues par les tribunaux du Gabon ».
Une réponse portée au niveau international
En conclusion, Clay Martial Obame Akwe précise qu’il ne s’agit « ni d’acharnement ni de revanche, mais de l’application du principe fondamental selon lequel nul n’est au-dessus de la loi ».
Ce courrier de riposte a été transmis officiellement en copie au ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, ainsi qu’aux instances de l’Université Panthéon-Assas. Il marque la volonté du vice-président du BDC de s’opposer à ce qu’il qualifie de « campagne de déchéance symbolique », rappelant que la dignité du débat juridique impose « mesure, rigueur et respect des souverainetés ».










