Dissolution du staff et suspension de la sélection
Le gouvernement a justifié ces décisions en évoquant, par la voix du ministre, une « prestation déshonorante des Panthères lors de la Coupe d’Afrique des Nations Total Énergie Maroc 2025 ». Selon les termes du communiqué, l’exécutif a pris en compte des griefs dépassant le simple cadre sportif, « considérant les effets multiformes aux antipodes des valeurs d’éthique et d’exemplarité prônées par la Vème République ».
En conséquence, le Dr Simplice Désiré Mamboula a annoncé que le gouvernement « décide de la dissolution du staff technique » avec effet immédiat. Parallèlement, le ministre a acté la « suspension de l’équipe nationale jusqu’à nouvel ordre », marquant un arrêt des engagements internationaux de la sélection fanion.
Mise à l’écart des cadres historiques
Le volet individuel de ces sanctions concerne deux joueurs emblématiques de la sélection. Le communiqué lu par le ministre précise sans équivoque la « mise à l’écart des joueurs Bruno Ecuele Manga et Pierre-Emerick Aubameyang ». Ces deux piliers du vestiaire ne font désormais plus partie des plans de la sélection nationale dans le cadre de cette restructuration décidée au sommet de l’État.
Responsabilisation de la fédération
Enfin, l’exécutif a adressé une directive claire aux instances dirigeantes du football local. Le gouvernement, par l’intermédiaire du ministre des Sports par intérim, « invite la Fédération Gabonaise de Football à prendre toutes ses responsabilités ». Cette injonction s’adresse directement à l’instance présidée par Pierre Alain Mounguengui, sommée de répondre des manquements ayant conduit à cet échec sportif et institutionnel.
L’épineuse question de la légalité internationale
Au-delà de la fermeté affichée à Libreville, ces décisions soulèvent des interrogations majeures quant à leur conformité avec les règlements sportifs internationaux. Les statuts de la FIFA et de la CAF interdisent strictement toute ingérence politique dans la gestion des affaires techniques et administratives des fédérations nationales.
La dissolution d’un staff et la suspension d’une équipe par un décret gouvernemental pourraient être interprétées comme une violation de l’autonomie de la FEGAFOOT. Le Gabon s’expose-t-il à une suspension de ses clubs et de ses officiels par les instances internationales ? Si la Vème République invoque la souveraineté nationale pour justifier ce « grand ménage », le risque de voir le pays banni des compétitions mondiales pour « interférence gouvernementale » reste une menace juridique réelle.









