À rebours du satisfecit affiché sur les réseaux sociaux de la ministre et les canaux officiels de la tutelle, qui célébraient une « reprise progressive », le média public a choisi l’immersion. Là où la communication ministérielle multipliait les plans serrés sur quelques salles occupées, Gabon 24 a livré une série de reportages dont le constat est implacable : le désert scolaire est une réalité nationale.
De la capitale économique Port-Gentil jusqu’à Oyem et Tchibanga, les caméras ont méthodiquement déconstruit le discours officiel. En montrant des établissements silencieux et des salles de classe désespérément vides, la rédaction de la chaîne d’information a pris ses distances avec la propagande pour se faire l’écho de la vacuité observée sur l’ensemble du territoire.
Cette rupture de ton dans l’audiovisuel public interroge : faut-il y voir les prémices d’une désolidarisation du gouvernement à l’endroit d’une ministre de plus en plus isolée dans sa gestion de la crise ? Acculée, Camélia Ntoutoume Leclercq semble désormais réduite à tenter de reprendre la main en s’appuyant sur ses propres soutiens.
La mise en scène face à l’épreuve des faits. En fin de compte, la bataille de l’image semble avoir tourné à l’avantage du réel. Si le dialogue ne supplante pas rapidement la mise en scène, c’est tout l’édifice éducatif gabonais qui risque de s’effondrer sous le poids d’une année blanche.










