Sous couvert de sécurité nationale, le Gabon a déboursé 10 milliards de FCFA (16 millions de dollars) pour deux appareils d’occasion sourcés au Pakistan. Au cœur de ce montage : Mahamadou Bonkoungou, patron du groupe EBOMAF, devenu le courtier privilégié du palais de Libreville.
Un intermédiaire en disgrâce au Sahel
Le choix de cet intermédiaire interroge l’opinion. Pourquoi Libreville a-t-elle confié une telle mission à un homme dont le crédit s’est effondré au Burkina Faso ? Comme le rapporte Africa Intelligence, le divorce entre Bonkoungou et le capitaine Ibrahim Traoré a été acté sur fond de soupçons de surfacturations massives liées à des équipements militaires. Ce passif n’a pourtant pas empêché le Gabon de lui confier les clés de sa logistique aérienne stratégique.
Une impasse technique et diplomatique
Le deal semble techniquement bancal : l’armée gabonaise ne possède aucun pilote formé pour ces Mi-35M russes. Plus grave, leur maintenance dépend d’une société russe sous sanctions américaines, menaçant de clouer les appareils au sol dès 2026 et d’isoler diplomatiquement le pays.
L’ombre d’une diplomatie de réseaux
Officiellement destinés à la lutte contre la contrebande, ces hélicoptères d’attaque lourds paraissent disproportionnés. Pour les observateurs, cette filière pakistanaise servirait surtout à contourner les contrôles budgétaires classiques, au profit d’une diplomatie de réseaux qui fragilise la promesse de transparence et de restauration des institutions.










