Un aveu d’impuissance du pouvoir ?
Pour l’ancien chef du gouvernement, l’évocation de la sentence suprême n’est pas un signe de fermeté, mais le symptôme d’une défaillance. Selon lui, le pouvoir en place est actuellement « confronté à un échec cuisant dans la lutte contre la criminalité ». Il estime que, faute de résultats tangibles sur le terrain, les autorités « brandissent le retour de la peine de mort pour tenter de rassurer une opinion publique gagnée par la peur et le doute ».
Alain-Claude Bilie-By-Nze rejette catégoriquement l’idée que la mort puisse servir de rempart sécuritaire. Il martèle avec conviction que « la peine de mort n’a jamais fait reculer la criminalité », s’opposant ainsi frontalement à la logique de dissuasion mise en avant par les partisans d’un retour à l’échafaud.
Priorité aux moyens et à l’indépendance de la justice
Loin de se contenter d’une critique de principe, l’ancien candidat à la présidentielle propose une alternative axée sur l’efficacité institutionnelle plutôt que sur la violence d’État. Pour garantir la sécurité des Gabonais, il juge impératif de donner « plus de moyens aux FDS » (Forces de Défense et de Sécurité).
Mais le renforcement des effectifs ne suffit pas à ses yeux. Il plaide pour une réforme structurelle profonde du système judiciaire : « Il faut une justice véritablement indépendante, dotée elle aussi de moyens humains et matériels conséquents ». C’est, selon lui, la seule voie pour restaurer l’autorité de l’État sans sacrifier les principes fondamentaux.
Une interpellation directe : « Stop démagogie »
L’ancien Premier ministre a conclu son intervention par une série de questions rhétoriques destinées à mettre les autorités devant leurs responsabilités immédiates. Il s’interroge publiquement sur l’efficacité réelle des services de répression actuels : « Peut-on savoir, à ce jour, combien de coupables et de commanditaires présumés ont été arrêtés ? ».
Poussant plus loin son interpellation, il demande des comptes sur le suivi judiciaire des crimes les plus violents : « Combien de prescripteurs de ces actes barbares et sacrilèges ont été déférés ? ». Pour Alain-Claude Bilie-By-Nze, avant de songer à modifier la loi pour tuer, l’État devrait d’abord s’assurer d’appliquer la loi pour juger. Son verdict final est sans appel : il appelle à un « Stop démagogie », invitant le pouvoir à privilégier l’action concrète aux annonces populistes.










