En effet, selon les standards internationaux, la validité d’une année scolaire repose sur un volume horaire strict de 30 à 32 semaines. En deçà de 25 semaines de cours effectifs, le seuil de non-retour est atteint et l’année est purement et simplement considérée comme blanche. À l’heure actuelle, le Gabon s’apprête à franchir cette ligne rouge. Si la reprise effective des cours n’intervient pas d’ici le 25 février, le retard accumulé rendra toute validation pédagogique impossible, entraînant un déclassement immédiat des diplômes nationaux. Un baccalauréat obtenu au terme d’une année tronquée perdrait sa crédibilité sur la scène internationale, compromettant les chances des étudiants gabonais d’intégrer des universités étrangères.
Face à ce péril imminent, une rencontre capitale s’est tenue ce samedi entre la ministre de l’Éducation nationale et le Comité technique interministériel tripartite. Cette séance de travail a bénéficié de la présence stratégique de Madame Séraphine Memine Nzue, administrateur du programme Éducation au bureau de l’UNESCO à Libreville, témoignant de l’acuité de la situation aux yeux des instances internationales. Au cours de cette réunion, les experts du système éducatif ont planché sur la présentation et la validation d’un nouveau calendrier scolaire réaménagé afin d’intégrer les perturbations récentes et d’organiser un retour progressif à la normale. Parallèlement, des mesures de rattrapage pédagogique ont été validées afin de tenter de combler les lacunes accumulées et de garantir une continuité minimale des apprentissages.
Cependant, malgré ces tentatives de sauvetage au sommet de l’État, le front syndical affiche des fissures territoriales qui compliquent la sortie de crise. Ce samedi, les antennes provinciales de la Nyanga, du Haut-Ogooué, de l’Ogooué-Maritime et du Woleu-Ntem ont officiellement décidé de maintenir la grève, se désolidarisant ainsi du mouvement de reprise annoncé dans les autres provinces du Gabon.
De leur côté, les enseignants grévistes ont d’ores et déjà fixé la fin du mois de février comme délai ultime pour une reprise globale des cours, conditionnant ce retour dans les salles de classe à la vérification de l’effectivité des accords conclus avec le gouvernement.
Cette exigence place les autorités sous une pression extrême, puisque ce délai coïncide précisément avec la limite mathématique au-delà de laquelle l’année scolaire ne pourra plus être sauvée. Dans ce contexte de haute tension, la journée de demain sera déterminante pour savoir si le mot d’ordre de grève continuera de paralyser le pays ou si, au contraire, les enseignants choisiront massivement de regagner les établissements.










