Mouidy Mouidy, vous parlez aujourd’hui d’une affaire qui dure depuis 18 ans. Comment tout a-t-il commencé ?
Jean-Claude Mouidy Mouidy : « Tout commence en 2007, à mon retour de France. Diplômé de l’ESJ Paris, j’ai été sollicité par une haute personnalité pour prendre la direction de la chaîne de télévision Kanal 7. L’acte juridique avait été monté par un notaire de la place, Me Mouyagha. Mais très vite, j’ai compris que c’était un piège. On m’avait nommé, mais on m’empêchait d’exercer mes fonctions. “Je me suis rendu compte que ce n’était pas moi qui travaillais, c’était une autre personne. J’avais la responsabilité de la chaîne sans y exercer. A la question de savoir à quand je prends mes fonctions , à la limite c’était la question qui fâche. “Si tu n’es pas content, tu démissionnes ”. Mais en tant que responsable légal, on ne démissionne pas sans clarifier les responsabilités. “Je ne pouvais pas accepter d’être un figurant responsable devant la loi alors que d’autres tiraient les ficelles dans l’ombre.” »
Vous avez alors saisi la justice, et vous avez obtenu gain de cause après une très longue bataille. Pourtant, le dossier semble s’enliser à nouveau.
Jean-Claude Jisse Mouidy Mouidy : « Absolument. La justice m’a donné raison en première instance. Mon employeur a été condamné à 10 millions de FCFA. La Cour d’appel a confirmé le jugement, en y ajoutant une astreinte de 500 000 FCFA par heure de retard. Le calcul est devenu astronomique, atteignant près de 6 milliards ! Finalement, après des années de procédure et des pourvois en cassation, la liquidation des astreintes a été arrêtée à 64 millions de FCFA. “C’est une décision de justice définitive, revêtue de la formule exécutoire. Rien ne devrait s’opposer à son application.” Mais aujourd’hui, je suis sidéré par les blocages. “Comment la justice peut-elle se déjuger ? Comment des magistrats peuvent-ils rendre une décision ferme et, des années plus tard, laisser des entraves administratives ou des manœuvres de coulisses vider cette décision de son sens ? Si la justice ne respecte plus sa propre parole, quel espoir reste-t-il au citoyen ?” »
Vous accusez aujourd’hui votre conseil de vous avoir caché des informations capitales. Que s’est-il passé précisément ?
Jean-Claude Jisse Mouidy Mouidy : « C’est un scandale. Alors que j’étais en Tunisie pour coordonner la campagne du Président de la Transition, je suis revenu pour clore ce dossier. J’apprends par le camp adverse qu’un paiement de 50 millions de FCFA a été effectué dès février 2025 au bénéfice de mon cabinet d’avocats de l’époque, assortie d’un abattement de 14 millions. Pourtant, quand je cherchais à joindre mon conseil, elle restait fuyante. “Elle ne répondait plus, elle m’envoyait des messages disant qu’elle était malade. Elle jouait la montre.” Elle a même soutenu, en juin, qu’il n’y avait eu aucune transaction ! “Comment un chèque de 50 millions peut-il être émis par un cabinet d’avocat à un autre sans que le client soit informé ? C’est de la manipulation, c’est du vol.” C’est une trahison déontologique pure et simple. En l’absence d’accord transactionnel, mon nouveau conseil a démontré au tribunal de commerce que l’accord entre mon ancien conseil et le nouveau conseil de mon adversaire, n’en était pas un. De plus , dans mes échanges avec cette dernière , elle affirmait dans les messages que nous avons produits dans le dossier qu’elle n’avait jamais transiger. ”’ je voulais le faire, mais vous vous êtes opposé, c’était votre véto je me suis soumise”’.
C’est un argumentaire capitale qui a conduit , le juge du tribunal de commerce de me donner raison en novembre 2025. Nous devons poursuivre les saisies selon la formule consacrée. Curieusement, pour les mêmes faits , lors d’une autre audience après une nouvelle saisie des comptes, le tribunal s’est rétracté en donnant raison a mon adversaire. L’autorisant par ricochet à récupérer les sommes d’argent cantonnées à la banque. Inacceptable. Comment le tribunal a pu se déjuger ? J’ai saisi le secrétaire permanent du conseil supérieur de la magistrature, avec tous les documents à l’appui.
Ce vendredi 6 février, à la suite d’une nouvelle saisie,nous nous retrouvons au tribunal de commerce. Vous serez informé de la suite de ce feuilleton judiciaire.
Une audience se tient demain. Qu’en attendez-vous ?
Lors de l’audience de ce vendredi, le tribunal doit clarifier la situation de ces 50 millions et le mode opéré s’il répond à la manifestation du droit .Je ne réclame aucune faveur, je demande mon dû, celui que la justice m’a octroyé. “Je suis un intellectuel, j’ai servi mon pays, et aujourd’hui on essaie de me broyer parce que je réclame mes droits. Mais je n’ai pas peur. Ma dignité n’est pas à vendre.” Je ne lâcherai rien, car c’est un combat pour la justice et pour l’honneur de tous ceux qui sont victimes des mauvaises décisions .
L’audience de ce vendredi sera capitale. Nous attendons que la justice rende le droit. Rien que le droit










