À la demande du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le numéro deux du gouvernement a dressé un état des lieux du climat social. Le constat présenté se veut rigoureux : les mouvements d’humeur qui touchent actuellement les secteurs de l’Éducation et de la Santé seraient les symptômes de « plusieurs décennies de gestion approximative ». Pour l’exécutif, le pays continue de faire face aux conséquences de dérives structurelles installées durant les quatorze années du magistère précédent.
L’analyse présentée par Hermann Immongault met en exergue les failles de l’héritage laissé par l’ancienne administration. Le Vice-Président a souligné que les dysfonctionnements observés aujourd’hui puisent leur source dans une gestion des recrutements jugée désordonnée. Selon ce diagnostic, le système précédent aurait favorisé des intégrations massives dans la Fonction publique sans planification réelle ni garantie budgétaire préalable.
Cette politique de gestion a laissé place à une situation sociale complexe, marquée par des milliers d’agents ayant servi l’État pendant de longues années sans rémunération stable, ou se trouvant sans affectation précise. Ce sont ces situations administratives irrégulières, héritées de l’ère Bongo, qui alimentent aujourd’hui les revendications syndicales et saturent les discussions avec les partenaires sociaux.
Tout en engageant une réflexion approfondie pour régulariser ces dossiers, le gouvernement actuel tente de tempérer les attentes des grévistes. L’exécutif invoque des tensions de trésorerie persistantes qui limitent sa capacité d’action immédiate. Le gouvernement se trouve ainsi dans une position délicate, devant assumer la charge financière d’un passif administratif dont il a hérité, tout en répondant à l’impatience des travailleurs.
Face à cette pression sociale, le Chef de l’État a instruit ses ministres d’adopter un « langage de vérité ». L’objectif est de privilégier le dialogue social et d’anticiper les conflits afin d’éviter qu’ils ne deviennent ingérables. Le Président de la République a insisté sur la nécessité d’exposer clairement aux citoyens les contraintes réelles des finances publiques.
Afin de prévenir la répétition de ces schémas, tout nouveau recrutement sera désormais soumis à des plans formalisés et validés par les ministères de tutelle. Cette mesure vise à instaurer une rupture avec les pratiques de gestion des ressources humaines du régime déchu, avec l’ambition de reconstruire une administration plus rigoureuse et de stabiliser le front social.










