Alors que le Gabon amorce une phase de régularisation massive des situations administratives et financières, notamment dans le secteur de l’éducation, la question de la viabilité des finances publiques est au cœur des débats. Face aux inquiétudes, Théophane Nzame-Nze Biyoghe s’est montré catégorique : « Les Gabonais sont rassurés sur ce point. Il n’y aura pas de politique d’austérité. »
Le porte-parole a souligné que l’approche actuelle du gouvernement entend rompre avec les méthodes historiques de gestion de crise imposées par les institutions internationales. « Historiquement, lorsqu’on entend FMI, dans notre partie du monde, on pense plan d’ajustement structurel. On pense à la détresse. Avec les échecs historiques que l’on a pu constater par le passé, aujourd’hui il n’en est rien », a-t-il affirmé avec force.
Selon le porte-parole du Palais de la Rénovation, le rôle du Fonds monétaire international doit se limiter à un audit de performance : « L’apport du FMI sera de nous permettre de challenger la solidité de ce modèle avec l’évolution du cadre macroéconomique. […] Il n’y a pas de plan d’ajustement structurel en vue, il n’y a pas d’austérité prévue. »
Interrogé sur le niveau de la dette qui pourrait dépasser les 86 % du PIB après 2027, le porte-parole a défendu une stratégie de « dette vertueuse », bien que le pari semble audacieux. Selon lui, le problème n’est pas le montant, mais l’usage des fonds : « On va partir d’une stratégie d’endettement qui consiste à s’endetter pour financer des dépenses de fonctionnement, à une stratégie d’endettement pour financer des projets susceptibles de créer de la valeur. Voilà ce que nous envisageons. »
Cette souveraineté économique s’accompagnerait d’un ancrage régional plus fort, visant à souscrire les titres publics à « 60 % dans notre sous-région pour éviter des risques tels que les risques de change ».
Cette sérénité financière est présentée comme la condition nécessaire pour mener à bien la régularisation des 12 000 situations administratives prévues pour 2026.
Concernant les enseignants qui attendent leurs paiements pour le 25 février, le porte-parole a rappelé l’engagement de l’exécutif : « Le gouvernement est engagé à tenir sa parole pour régler la situation le plus rapidement possible. »
Face aux revendications qui émergent dans d’autres secteurs, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a toutefois appelé à la patience, trahissant l’ampleur de la tâche : « Nous ne pouvons pas dire aux Gabonaises et aux Gabonais que tout se fera en un claquement de doigts. Il y a un passif qui est important, mais nous disons simplement qu’avec la méthode et avec le dialogue, ces situations seront réglées. »
Enfin, abordant le dossier sensible de l’ancien régime, le porte-parole a confirmé la ligne de fermeté pour les uns et d’exception pour les autres. Il a rappelé que la justice gabonaise « a tranché et a condamné Sylvia Aimé-Valentin, épouse Bongo, et Noureddin Bongo » pour détournements de fonds, appelant à une collaboration internationale pour l’exécution des peines.
En revanche, le sort de l’ancien président Ali Bongo Ondimba semble figé par les nouveaux textes : « Ali Bongo bénéficie d’un statut qui lui est conféré par la nouvelle loi fondamentale gabonaise. […] Notre corpus légal prévoit des exceptions qui vont dans ce sens-là. » Devenu membre d’honneur de la Cour constitutionnelle, l’ex-chef d’État demeure hors de portée des tribunaux : « À ce stade, M. Ali Bongo n’a pas été jugé pour quoi que ce soit », a conclu le porte-parole.










