À travers cet ouvrage, l’expert propose un témoignage à la fois personnel et analytique sur l’une des initiatives sociales les plus marquantes du pays ces dernières années : la création et le développement du Samu Social Gabonais. Cependant, cette actualité éditoriale est aujourd’hui rattrapée par une réalité de terrain bien plus sombre. En décembre dernier, le Dr Yaba avait déjà cristallisé l’attention médiatique en annonçant une épidémie de Covid-19 dans le pays, semant la panique au sein de la population et obligeant le ministre de la Santé à démentir officiellement l’information.
Quelques jours plus tard, malgré des excuses publiques, alors qu’il était conseiller du président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, il fut remercié à la suite d’un Conseil des ministres. L’annonce de la suspension des activités du Samu ne manquera pas, une fois de plus, de le placer sous les projecteurs.
C’est avec « beaucoup de regrets » que le Samu Social Gabonais a suspendu ses prises en charge, invoquant l’impossibilité de garantir la qualité des soins impérative dictée par les conventions internationales. La structure procède désormais à un inventaire minutieux de ses ressources pour évaluer les conditions d’une éventuelle reprise. Cette décision impacte directement les 2 500 malades reçus quotidiennement en consultation, les 400 compatriotes soignés gratuitement à domicile via le 1488, ainsi que les hôpitaux dépendant du plus grand parc de couveuses gratuites du Gabon. Sont également concernés les patients en réanimation urgente et ceux en attente d’une opération de la cataracte, tous invités depuis hier soir à se diriger vers les structures publiques conventionnelles, certes payantes, mais opérationnelles.
En outre, cet inventaire de début d’année doit permettre de définir de nouveaux objectifs face à l’insuffisance criante des moyens nécessaires pour répondre aux standards internationaux. La direction affirme refuser de participer aux « décès évitables », combat qui constitue sa raison d’être, alors que les équipes maintenaient depuis trop longtemps les patients en vie « au forceps » grâce à des efforts d’imagination constants. Ce travail de rigueur, effectué deux fois par an, est présenté comme une étape vitale pour assurer une médecine efficiente.
Dès lors, une question fondamentale s’impose : s’agit-il réellement d’une « mort clinique », par définition temporaire et potentiellement réversible, ou cette suspension d’activités s’annonce-t-elle comme une « mort cérébrale », signant ainsi la fin définitive du Samu Social au Gabon ?









