L’intérim freiné par l’inertie
L’objectif affiché par le Palais Rénovation le 14 novembre dernier, de maintenir la gestion des affaires publiques dans une logique de stabilité et de bonne gouvernance, est mis à mal par un manque criant de coordination et de moyens.
Lors de la deuxième édition du Séminaire gouvernemental, tenue le 14 décembre sous l’égide du Vice-président du gouvernement par intérim, Henri-Claude Oyima, le Secrétaire général du gouvernement, Abdul Razzaq Guy Kabongo, a dressé un bilan sans concession. Il a relevé de nombreux dysfonctionnements qui plombent la « Performance de l’action publique, efficacité budgétaire et redevabilité ».
Si Kabongo a proposé une méthodologie de travail pour améliorer la circulation de l’information et renforcer le suivi des décisions, il a surtout insisté sur le fait que le gouvernement à effectif resserré se heurte en permanence à des difficultés, liées non seulement à la situation, mais aussi à la lenteur de la prise en main des différentes charges.
« Les échanges ne sont pas encore suffisamment huilés pour permettre au gouvernement resserré d’atteindre une certaine vitesse », a-t-il affirmé, pointant des problèmes de communication et de coordination qui ralentissent l’action gouvernementale.
Blocage financier des cabinets
Le dysfonctionnement administratif est aggravé par des problèmes financiers. Il est apparu que les cabinets ministériels ne sont plus en mesure d’assurer la plupart de leurs charges faute de fonds. Auparavant, ces dépenses essentielles étaient supportées par les ministres eux-mêmes sur les fonds du cabinet.
Face à l’absence de ces fonds, la situation est critique : « il n’y a presque plus rien qui tourne à titre soutenu », a-t-on appris.
Appel à la fin de la provisoire
La situation d’intérim est d’autant plus difficile que, selon le Secrétaire général, les cabinets ministériels concernés ne se seraient pas encore conformés aux orientations arrêtées lors des derniers Conseils des ministres visant à clarifier cette période provisoire.
Face à l’enlisement, plusieurs Secrétaires généraux des ministères ont manifesté leurs préoccupations. Bien que le Vice-président par intérim ait promis d’intervenir par une note pour « appeler chacun à l’ordre », l’inertie administrative et financière pousse de plus en plus de hauts fonctionnaires à interroger la nécessité de mettre fin aux intérims afin de rétablir une gouvernance pleinement opérationnelle, seule garantie, selon eux, d’une reprise en main efficace des affaires de l’État.










