Sélectionneur ou agent ? Le double jeu de Thierry Mouyouma
L’affaire de la société Gasma n’était que la partie émergée de l’iceberg. Au-delà du conflit d’intérêts sur les équipements sportifs, des témoignages de joueurs révèlent un système de chantage à la sélection. Selon l’enquête, l’ex-sélectionneur aurait agi comme un véritable agent clandestin : certains joueurs se voient écartés faute d’avoir rejoint son agence de management. Ce mélange des genres, connu de la Fédération, a transformé les Panthères en une vitrine commerciale privée au détriment de la méritocratie sportive.
Le scandale OMED : La saignée des deniers publics
L’enquête pointe un doigt accusateur vers la société de voyages OMED, partenaire privilégié de la FEGAFOOT. Des soupçons de surfacturations massives pèsent sur les prestations facturées à l’État gabonais. Avec une ardoise colossale laissée au ministère des Sports, la question de la transparence est désormais vitale : les montants facturés correspondent-ils aux prix du marché ou servent-ils à alimenter des caisses occultes ? Molina appelle l’État à auditer chaque facture pour débusquer un détournement de fonds publics qui semble systémique.
Guerre de clans : Quand le business remplace le business
La joie apparente de certains membres de la Fédération face à la chute de Mouyouma cache une réalité cynique. Ce n’est pas la morale qui triomphe, mais un clan qui en évince un autre. L’influence de figures comme Serge Ahmed Mombo ou Dieudonné Londo montre que le contrôle des flux financiers — primes de rassemblement, contrats d’équipementiers et frais de déplacement — reste le véritable enjeu. À la FEGAFOOT, un réseau de “petits copains” a simplement repris les rênes du business laissé vacant par le staff sortant.
L’insoutenable impunité des prédateurs
Le volet le plus sombre reste celui de la pédocriminalité. Malgré les scandales passés, des individus mis en cause dans des abus sur mineurs gravitent toujours dans les sphères du football national. L’enquête cite des noms comme Guy Mandarano (en liberté en France) ou Bertrand Ngouma (toujours actif en ligue provinciale). Comment ces “prédateurs” peuvent-ils encore être affiliés à la Fédération ? Molina dénonce une faillite morale absolue où la protection de la jeunesse est sacrifiée pour des intérêts rituels ou de pouvoir.
Conclusion : Un système à tout casser
À l’approche des élections fédérales de mars 2026, le système semble déjà se régénérer. La dissolution du staff technique et la mise à l’écart de cadres comme Aubameyang ou Ecuele Manga ne sont perçues que comme des mesures cosmétiques.










