Cette volonté de transparence naîtrait de soupçons sérieux pesant sur l’identité réelle des bénéficiaires figurant sur les états de paiement. Des indiscrétions émanant des couloirs du ministère suggèrent que des sommes importantes auraient été indûment fléchées vers des personnels n’ayant aucun lien avec la correction ou l’organisation des examens nationaux. Des chauffeurs, des agents d’accueil et même du personnel de maison, regroupés au sein d’une nébuleuse « Coordination Ministérielle », percevraient des primes se comptant en millions de francs CFA, créant ainsi un fossé abyssal avec les enseignants de terrain dont les indemnités restent souvent dérisoires.
La démarche du ministre intérimaire, qui envisage de saisir la Présidence de la République pour valider cette procédure de contrôle, marque une volonté de rupture avec les pratiques antérieures. En évoquant des « effluves d’irrégularités », Simplice Désiré Mamboula semble déterminé à assainir les fichiers financiers de la Direction Générale des Examens et Concours. Pour l’administration intérimaire, il ne s’agirait plus seulement de payer, mais de garantir que chaque franc CFA versé par l’État bénéficie exclusivement aux acteurs légitimes de la chaîne pédagogique.
Toutefois, ce projet d’audit ne va pas sans susciter de vives tensions politiques. Les soutiens de la ministre sortante dénoncent déjà une manœuvre visant à jeter le discrédit sur l’ancienne gestion tout en accusant l’intérim de vouloir placer ses propres collaborateurs. Au-delà de ces querelles de cabinet, le facteur temps devient la principale source d’inquiétude pour les milliers d’enseignants du pays.
Si l’audit est effectivement lancé, la probabilité de voir les vacations payées avant les fêtes de Noël s’amenuise, laissant planer le spectre d’une fin d’année sous haute tension sociale pour le monde éducatif.










