Le blocage numérique imposé au Gabon ne se limite pas à une simple interruption des échanges privés ; il constitue une barrière majeure à la transparence publique. C’est le sens de l’intervention de Sadibou Marong, responsable de RSF pour l’Afrique subsaharienne, qui s’est exprimé sur le réseau social X pour fustiger une mesure en vigueur « jusqu’à nouvel ordre ».
Pour Reporters sans frontières, le constat est sans appel : cette suspension « entrave le droit à l’information des citoyens ». Dans un pays où une large partie de la population s’informe désormais via les plateformes numériques, le silence imposé sur Facebook, WhatsApp ou Instagram crée un vide informationnel préjudiciable.
Pour l’organisation, priver les Gabonais de ces outils revient à restreindre leur capacité à suivre les enjeux de la vie nationale de manière plurielle et instantanée.
Au-delà du public, RSF s’inquiète de l’impact direct de cette décision sur la pratique du journalisme au Gabon. Sadibou Marong souligne que cette coupure « entrave le travail des journalistes », dont les réseaux sociaux sont devenus des instruments de travail indispensables.
Qu’il s’agisse de la collecte d’informations, de la vérification des faits ou de la diffusion de leurs reportages, les professionnels des médias se retrouvent amputés de leurs principaux canaux de distribution indépendants. Cette situation fragilise la visibilité des rédactions et limite leur portée auprès d’une audience qui, de fait, se retrouve coupée de ses sources habituelles.
Un appel à la vigilance internationale
Cette prise de position de RSF intervient alors que les autorités gabonaises justifient cette mesure par une volonté de réguler les contenus et de protéger la cohésion sociale. Pour le défenseur de la liberté de la presse, l’argument de la régulation ne saurait justifier une entrave aussi généralisée et durable au droit d’informer et d’être informé.
Alors que l’incertitude demeure sur la date de rétablissement des services, le message de RSF résonne comme une mise en garde contre toute dérive visant à museler l’espace numérique au détriment des principes démocratiques.









