Alors que le Gabon a officiellement aboli la peine capitale en 2010, le sujet revient au cœur de l’actualité politique. Pour le Chef de l’État, une telle décision ne peut être prise de manière isolée au sommet de l’État.
« La question de la peine de mort touche à la conscience nationale et ne peut être tranchée de manière unilatérale », a affirmé Brice Clotaire Oligui Nguema.
Par cette déclaration, le Président souligne que l’évolution du cadre juridique de la nouvelle République doit refléter les aspirations profondes de la société gabonaise.
La voie de la consultation populaire
Répondant à l’interpellation du président du CESEC, le Chef de l’État a instruit les institutions compétentes de préparer les modalités d’un échange avec la nation. Selon ses directives, « cette réflexion doit être portée par le peuple souverain […] dans le cadre d’une consultation populaire ».
Ce recours à la consultation directe permet d’interroger chaque citoyen sur un sujet que le Président qualifie de « grave et structurant pour notre société ». L’enjeu est de déterminer si le rétablissement de cette sentence est perçu comme une réponse nécessaire face à l’insécurité.
Une fermeté immédiate contre les crimes de sang
Si le rétablissement de la peine de mort est suspendu au vote populaire, la volonté de répression reste immédiate. Le Chef de l’État a tenu à envoyer un avertissement clair aux auteurs d’actes criminels.
« Quelle que soit l’issue de cette consultation, l’État ne laissera pas impunis les auteurs de crimes de sang ni leurs commanditaires », a-t-il martelé. Cette précision indique que la fin de l’impunité est un pilier de la Ve République, quel que soit l’arsenal législatif futur.
Un rappel historique : l’affaire Alexandre Mandja
Évoquer la peine capitale au Gabon, c’est aussi se souvenir du dernier condamné à mort passé devant le peloton d’exécution. L’histoire du pays reste marquée par le cas du capitaine Alexandre Mandja Ngokouta. Ce jeune officier, formé à la prestigieuse école de Saint-Cyr et en service dans l’Armée de l’air, avait été jugé par un tribunal militaire pour haute trahison. Sa condamnation et son exécution marquent, à ce jour, le dernier usage de ce châtiment suprême par l’État gabonais avant la période d’abolition.
Vers un choix de société
Le débat qui s’annonce promet d’être intense entre les défenseurs des droits de l’homme, attachés à l’abolition, et une partie de l’opinion publique réclamant une justice plus radicale face à la montée de certains faits divers sordides. En choisissant la voie de la consultation populaire, Brice Clotaire Oligui Nguema transforme une question juridique en un véritable choix de civilisation pour le Gabon de demain.
Reste désormais à définir les modalités et le calendrier de cette consultation qui placera le Gabon sous les projecteurs de la communauté internationale.










