L’étincelle était partie de l’assemblée générale du samedi 17 janvier au terrain de basket d’Awendjé. Lors de ce rassemblement du collectif SOS Éducation et du SENA, les deux enseignants retraités avaient publiquement apporté leur soutien au durcissement de la grève. Un engagement qui leur avait valu d’être interpellés par la DGR les 19 et 20 janvier, avant d’être écroués en le mercredi 21 janvier à Gros-Bouquet pour « entrave à la liberté du travail » et « trouble à l’ordre public ».
Cette double incarcération avait immédiatement transformé une revendication corporatiste en une crise politique majeure. Sur le terrain, l’ultimatum de la base était clair : « Pas de reprise des cours, ni de négociations, sans la libération des leaders ». Durant leur séjour carcéral les appels à la libération immédiate se sont multipliés, de SOS Prisonniers Gabon, à Christiane Bitougat, à Jean Valentin Leyama ou encore à Alain-Claude Bilie-By-Nze dénonçant une dérive autoritaire, à la Conasysed et au SAEG fustigeant une criminalisation de l’action syndicale.
La pression a finalement forcé les portes de « Sans-Famille ». Si cette mise en liberté provisoire est accueillie comme une victoire par les organisations syndicales, la société civile, et l’opposition, le climat reste fragile. La procédure judiciaire n’est pas éteinte, et le procès reste, selon certaines sources, fixé à la fin du mois.
Le dénouement de cette séquence judiciaire place désormais le curseur sur le dialogue social. Pour de nombreux observateurs, cette libération est la condition sine qua non pour que le Ministre d’État à l’Éducation nationale Camélia Ntoutoume Leclercq puisse reprendre langue avec les partenaires sociaux. Comme le soulignait récemment SOS Éducation, « la dignité triomphera », mais l’urgence reste désormais de sauver une année scolaire déjà lourdement hypothéquée par ces tensions.
Le retour de Marcel Libama, porte-parole de SOS Éducation, et de Simon Ndong Edzo, conseiller du SAEG, au sein de leurs bases respectives devrait permettre de clarifier les positions syndicales dans les prochaines heures. Reste à savoir si le gouvernement saura saisir cette main tendue — bien que contrainte — pour engager une rationalisation réelle du secteur, loin des méthodes répressives d’un autre temps.










