Le scandale des « vacations de la discorde »
Le premier choc est venu des comptes bancaires le mercredi 7 janvier, date à laquelle l’indignation a gagné les rangs des enseignants. En cause, des virements dont les montants semblent dérisoires, oscillant pour beaucoup entre 750 FCFA et 3 600 FCFA. Sur les plateformes syndicales, la colère est palpable face à ce que les agents considèrent comme un manque de respect pour le travail fourni lors des examens nationaux.
Beaucoup d’enseignants voient dans ces chiffres une véritable injustice au regard du temps et de l’énergie consacrés aux épreuves.
Face à cette fronde, les services de Camélia Ntoutoume Leclercq, par la voix du Secrétariat général du ministère, ont publié un communiqué de clarification ce 9 janvier pour tenter de démontrer qu’il s’agit d’un malentendu technique. L’administration explique que ces sommes ne sont que des paiements partiels et ne reflètent pas la totalité des sommes dues. Le gouvernement précise que les montants actuels ne représentent qu’une première tranche de 50 % du montant total pour le baccalauréat.
Ce processus s’explique par un fractionnement des activités, où chaque phase comme l’harmonisation, la correction ou la délibération fait l’objet d’un virement séparé. Les faibles sommes relayées correspondraient donc uniquement aux séances d’harmonisation. Le ministère assure d’ailleurs que les tarifs de 1 700 FCFA par copie et 5 000 FCFA par délibération seront strictement respectés lors des prochains versements.
Une grève générale qui menace de se durcir
Au-delà de cette polémique financière immédiate, le malaise est plus profond et l’injustice ressentie dépasse le cadre des simples vacations. Depuis le 10 décembre 2025, les enseignants du secteur public observent un arrêt total de travail. Un mois plus tard, le constat est sans appel puisque les cours n’ont pas repris après les fêtes de fin d’année, laissant les écoles, collèges et lycées du pays dans une inertie inquiétante malgré les enjeux pédagogiques défendus par la ministre Camélia Ntoutoume Leclercq.
Ce mouvement de grève s’attaque à des problèmes structurels qui minent le quotidien des enseignants depuis trop longtemps. Les grévistes dénoncent notamment une paralysie administrative de plus de dix ans qui bloque leurs avancements et leur progression professionnelle. Le paiement des primes dues et le suivi des situations administratives gelées depuis une décennie demeurent au cœur des exigences fondamentales.
Aujourd’hui, le climat est à l’escalade. Face à ce qu’ils considèrent comme une absence de dialogue constructif, les syndicats menacent de durcir le mouvement.
Sans une ouverture immédiate de négociations portant sur le suivi des carrières et les conditions de vie, la reprise des cours semble plus que jamais hypothétique. Malgré les appels à la retenue et à l’apaisement lancés par le Secrétaire Général Christian Louembet-Onguele au nom du département ministériel, le fossé entre les autorités et la base enseignante ne cesse de se creuser, transformant ce qui aurait pu être un simple ajustement technique en une crise sociale majeure.










