C’est un écran noir qui a accueilli les abonnés de la page Facebook d’Ensemble pour le Gabon ce week-end. Selon un communiqué officiel du parti, cette suspension n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une série de fermetures touchant non seulement les canaux officiels de la formation politique, mais aussi la page personnelle de son président, Alain-Claude Bilie-By-Nze, ainsi que celles de plusieurs activistes critiques envers le gouvernement.
Sur le réseau social X (anciennement Twitter), l’ancien chef du gouvernement n’a pas mâché ses mots : « La démocratie gabonaise est en danger. La dictature est en marche ! » a-t-il martelé, voyant dans ces restrictions une manœuvre délibérée pour réduire au silence l’alternative politique qu’il propose depuis sa candidature à la présidentielle d’avril dernier, où il est arrivé second derrière Brice Clotaire Oligui Nguema.
L’argument de l’usurpation d’identité
Du côté du géant américain Meta (propriétaire de Facebook), l’explication fournie à l’équipe de communication du principal opposant au régime de Libreville ne passe pas : « usurpation d’identité ». Une justification que le camp Bilie-By-Nze rejette en bloc, y voyant un prétexte commode pour masquer une répression numérique ciblée.
Dans son communiqué intitulé « Indignation et alerte démocratique », le parti de Bilie-By-Nze s’interroge : « De quoi ce pouvoir a-t-il peur ? Quelle règle avons-nous violée ? À ce jour, aucune réponse circonstanciée ne nous a été apportée. »
Pour les responsables d’Ensemble pour le Gabon l’inclusion des plateformes officielles dans ces mesures de modération ne relève pas du hasard. Ils y voient une « entrave ciblée » visant une voix politique identifiée pour sa constance et ses critiques acerbes contre le régime actuel.
Alors que le pays traverse une période de suspension de ses réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national sur décision du gouvernement, cette « attaque » ravive le souvenir de la censure observée lors des élections présidentielles de 2009, 2016 et 2023.
Pour Alain-Claude Bilie-By-Nze et ses partisans, le débat d’idées ne saurait être remplacé par le « silence imposé ». Le parti a déjà annoncé qu’il ferait appel de ces décisions auprès de Facebook, tout en appelant la diaspora et les citoyens nationaux à rester mobilisés pour la défense de la liberté d’expression.










