« Tenez bon et dur » : Un soutien total sur la toile
Comme d’habitude, c’est sur ses réseaux sociaux que Jean-Valentin Leyama a choisi de briser le silence, s’exprimant avec la triple autorité d’enseignant du Supérieur à la retraite, de parent d’élèves et de citoyen engagé. Face à la crise qui dure depuis un mois, son message aux grévistes est un appel à la résistance : « Je soutiens. J’encourage. Je demande aux jeunes de tenir bon et dur », a-t-il écrit, exhortant le corps enseignant à ne pas fléchir.
Pour l’acteur politique, le discours sur la raréfaction des ressources est un leurre. « Je demande aux jeunes de ne pas céder à l’argument de restrictions budgétaires qui leur est opposé. Le Président de la République a réitéré à plusieurs reprises que le pays a beaucoup d’argent », martèle-t-il, avant d’égrainer les preuves d’une opulence étatique qui ne profite pas à tous.
Le faste des institutions face au « parent pauvre » de la République
Jean-Valentin Leyama dresse un inventaire cinglant du train de vie de l’État pour démontrer que l’argent existe. Il pointe notamment la multiplication des institutions et le renforcement de leurs moyens : « 1 PR, 1 VPR, 1 VPG, 145 députés, 70 sénateurs, 1 CESEC, 1 CC, etc. ». Il s’indigne également du traitement de faveur accordé aux forces de sécurité, rappelant le recrutement de milliers d’agents, l’élévation de 18 officiers au grade de Général et l’augmentation « spectaculaire » de leur solde.
Sur sa page Facebook, il s’interroge : « Pourquoi les enseignants qui ont permis aux dirigeants d’être là où ils sont, doivent-ils continuer de demeurer les parents pauvres de la République ? ». Il souligne que l’État continue de construire des gratte-ciel, de nommer des dizaines de personnes en Conseil des ministres avec effet solde immédiat, et d’accorder des primes élevées aux régies financières. Pour lui, la solution est simple : les 100 milliards de FCFA auxquels le Chef de l’État a renoncé sur ses fonds de souveraineté « peuvent très largement couvrir les besoins des enseignants ».
Pour une fin de la « clochardisation »
Au-delà des revendications matérielles, c’est un changement de paradigme que réclame Jean-Valentin Leyama. Pour lui, l’heure est venue de restaurer la dignité de la profession. « Les revendications des enseignants doivent être regardées sous le prisme de la rémunération qui mérite d’être considérablement valorisée, l’enseignant doit être le mieux payé parmi les agents publics », affirme-t-il avec force.
Son plaidoyer se conclut par un cri du cœur pour sauver un corps de métier à l’agonie : « Au-delà, c’est son statut qui doit être revu, l’enseignant doit sortir de la clochardisation ».
Cette sortie intervient à la veille de la réunion de la commission tripartite prévue ce mardi 13 janvier. Elle place la ministre Camélia Ntoutoume Leclercq et l’ensemble du gouvernement face à leurs contradictions : comment justifier l’austérité pour les enseignants quand le train de vie de l’État n’a jamais semblé aussi élevé ?










