Pour Kennedy Ondo Mba, le constat est sans appel : le football gabonais est aujourd’hui « dans l’abîme ». L’échec des Panthères lors de la dernière CAN n’est, selon lui, que le symptôme d’un mal plus profond : l’abandon de la formation. « On a tendance à oublier la base en privilégiant l’élite », regrette-t-il, rappelant que sans une assise solide, la relève nationale restera inexistante.
Un duel de « jeunes » visions
Face à ce bilan, deux candidatures officielles se sont déjà détachées. D’un côté, le Dr Axel Nguema Edou, dont Kennedy Ondo Mba souligne la maîtrise des « modèles économiques ». Son projet semble axé sur la transformation de la FEGAFOOT en une institution financièrement forte et autonome. De l’autre, Darneau Essia Ndong, homme d’affaires déterminé à apporter une vision managériale neuve pour sortir la fédération de l’ornière.
Pour le journaliste de CLUB SPORT+, ces deux profils représentent une opportunité de « poser leur pierre à l’édifice » d’un football malade qui nécessite une expertise tant technique qu’économique.
Pierre Alain Mounguengui : Le droit et le choix
Au centre de toutes les interrogations, le président sortant, Pierre Alain Mounguengui, reste le maître du calendrier. Kennedy Ondo Mba est formel sur l’aspect réglementaire : « Les textes lui donnent le droit de se représenter. Je ne vois pas les textes limiter le nombre de mandats au comité exécutif. »
Si le patron actuel de la FEGAFOOT a déjà trois mandats à son actif, rien ne lui interdit, selon l’analyse du journaliste, de solliciter à nouveau la confiance des clubs en avril prochain. « Personne ne lui impose, personne ne lui interdit d’être candidat jusqu’à preuve du contraire », précise-t-il, tout en n’excluant pas que Pierre Alain Mounguengui puisse choisir de « s’arrêter là » ou de désigner un successeur pour poursuivre son œuvre.
Le défi des nouveaux parrainages
L’une des clés du scrutin résidera dans la capacité des candidats à naviguer à travers le nouveau système de parrainage. Pour que leur candidature soit validée par la commission électorale, le Dr Nguema Edou et Darneau Essia Ndong devront sécuriser des soutiens officiels parmi les membres votants.
« On a besoin de quelqu’un qui connaît la maison, mais aussi de quelqu’un qui a une vision pour vraiment lancer le football gabonais. » — Kennedy Ondo Mba
Entre la légitimité historique, les ambitions économiques des nouveaux arrivants et la nécessité vitale de reconstruire le football par la base, l’élection de 2026 s’annonce comme le tournant majeur de la décennie pour le sport roi au Gabon.










