Pour David Mbadinga, engager le peuple gabonais dans un programme économique contraignant sans débat démocratique préalable constitue une démarche préoccupante. Cette position intervient alors que le budget de l’État pour l’exercice 2026 a déjà été adopté. Selon l’ancien ministre, la signature d’un programme avec le FMI dépasse la simple formalité administrative ou l’acte technique anodin. Il s’agit d’un choix politique majeur engageant la souveraineté économique du pays et orientant durablement les politiques publiques. L’ingénieur souligne que ces accords s’accompagnent généralement de conditionnalités lourdes telles que la compression des dépenses sociales, une pression fiscale accrue, le gel des recrutements ou la remise en cause des subventions.
Le budget 2026 ayant déjà reçu l’aval du Parlement, toute signature ultérieure d’un programme avec le FMI qui en modifierait l’équilibre ou la trajectoire est perçue par le président de l’UPG-L comme un contournement de la volonté parlementaire. Il rappelle que le Parlement demeure la seule instance compétente pour autoriser les engagements financiers d’envergure. À ce titre, toute réforme budgétaire imposée de l’extérieur devrait, selon lui, donner lieu à une loi de finances rectificative ou à une autorisation explicite des représentants élus, afin d’éviter une dérive consistant à gouverner par accords techniques au détriment du débat public.
David Mbadinga soutient que l’édification de la Transition et de la 5ᵉ République ne peut reposer sur l’opacité ou le fait accompli. Engager le Gabon auprès de l’institution de Bretton Woods sans consultation parlementaire reviendrait, selon ses termes, à nier le rôle constitutionnel des députés et sénateurs, tout en imposant au peuple des sacrifices sans son consentement explicite. Pour l’ancien ministre, une telle approche affaiblirait la légitimité politique même du programme envisagé.
Face à ces enjeux, le président de l’UPG-L formule trois exigences claires : la saisine immédiate du Parlement avant toute signature définitive avec le FMI, la publication intégrale des termes du contrat et la tenue d’un débat national transparent. En concluant que le Gabon ne saurait être une « succursale administrative » des institutions financières, il réaffirme que la souveraineté économique n’est pas négociable sans l’aval de la Représentation nationale.










