Le retour de Thierry Mouyouma à Libreville s’est transformé en un rendez-vous crucial avec les autorités. Selon les informations de AFC Sports, l’ancien technicien a dû s’expliquer sur les zones d’ombre qui ont pollué son mandat. Au cœur des interrogations des enquêteurs se trouve le fameux « GabomaGate ». La justice cherche à établir les faits derrière la création de la société Gasma (Gabon Sports Management), dont Mouyouma est le PDG, alors qu’il était aux commandes de la sélection.
L’enjeu est de déterminer si des fonds publics, initialement destinés au rayonnement des Panthères, ont été détournés pour favoriser une entreprise privée appartenant au sélectionneur lui-même. Ce conflit d’intérêts manifeste, qui a conduit à l’annulation de matchs de préparation faute d’équipements homologués par la CAF, est aujourd’hui le point de départ d’une procédure qui pourrait s’étendre bien au-delà du staff technique.
Toujours selon nos confrères, cette convocation à la DGR, qui pourrait être suivie d’un passage devant les services du B2, n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans la volonté de « restauration des institutions » prônée par le gouvernement.
Le nouveau ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, semble avoir reçu pour mission de mettre fin à l’ère de l’opacité. En auditionnant Mouyouma, l’État envoie un signal fort à tous les acteurs du système : personne n’est au-dessus des lois.
La justice souhaite faire la lumière sur la gestion de l’Office National du Développement du Sport et sur les circuits de surfacturation qui auraient permis de siphonner les deniers publics.
Il convient de rappeler que cette offensive judiciaire n’est que le prolongement des mesures de choc annoncées par le sommet de l’État au lendemain du naufrage au Maroc. Face à l’ampleur de la débâcle lors de la CAN 2025, le gouvernement a frappé un grand coup pour stopper l’hémorragie en prononçant la dissolution immédiate de l’ensemble du staff technique dirigé par Thierry Mouyouma. Cette décision radicale a été accompagnée de la suspension de l’équipe nationale jusqu’à nouvel ordre, marquant une volonté de repartir de zéro, ainsi que de la mise à l’écart définitive des figures emblématiques de la sélection, notamment Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga.










