L’annonce a fait l’effet d’une détonation dans le monde de la santé publique : le cabotégravir, commercialisé sous le nom d’Apretude par le laboratoire ViiV Healthcare, arrive officiellement sur le marché français. Ce médicament n’est pas un simple traitement de plus ; c’est une prophylaxie pré-exposition (PrEP) administrée par injection tous les deux mois.
Jusqu’à présent, la PrEP reposait sur la prise quotidienne de comprimés, un rythme contraignant souvent synonyme d’oublis ou d’abandons. Pour l’ONUSIDA, cette version injectable pourrait tout simplement « changer la donne » à l’échelle mondiale.
Une lueur d’espoir pour le Gabon
Au Gabon, la situation reste préoccupante. Avec environ 52 000 personnes vivant avec le VIH et un taux de prévalence de près de 4 % chez les adultes, le pays fait face à un défi de taille. Si la couverture du traitement antirétroviral progresse, le nombre de décès annuels, estimé à près de 2 000, rappelle l’urgence d’innover dans les stratégies de prévention.
L’introduction d’un traitement injectable au Gabon présenterait des avantages stratégiques majeurs, notamment pour l’accessibilité en milieu rural où la prévalence est la plus forte. Une injection bimestrielle est bien plus adaptée aux zones éloignées que la gestion quotidienne de stocks de comprimés. De plus, bien que le médicament ne soit pas recommandé aux femmes en âge de procréer selon les premières directives, il offre une alternative de discrétion et de sécurité pour de larges segments de la population féminine, particulièrement touchée par l’épidémie.
Le défi de la commande publique
La question est désormais dans le camp du gouvernement : les autorités vont-elles lancer des commandes ? Le frein principal reste le coût. En France, le médicament est qualifié d’« irremplaçable mais particulièrement coûteux ». Pour un pays qui vise les objectifs 95-95-95 de l’ONUSIDA d’ici 2030, l’investissement pourrait s’avérer rentable sur le long terme en faisant chuter drastiquement le nombre de nouvelles infections.
Alors que le pays cherche à réduire la mortalité liée au Sida, l’intégration de cette technologie de pointe dans l’arsenal thérapeutique national marquerait un tournant historique pour la santé publique en Afrique Centrale.










