Une procédure de saisine pour entrave aux droits
Le lundi 9 février 2026, l’organisation SOS Prisonniers Gabon a officiellement saisi le Procureur Général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville. Cette démarche fait suite à la situation de Bob Mengome, placé en détention préventive pour trouble à l’ordre public.
Depuis le début de son incarcération, la famille du détenu rapporte des refus systématiques d’accès à la Prison Centrale. Pourtant, ses proches présentent régulièrement un permis de communiquer délivré par les autorités judiciaires compétentes. Le dimanche 8 février, une nouvelle tentative de visite est restée sans suite, sans qu’aucune décision écrite ou notification légale ne vienne justifier ce blocage.
Le précédent des observations de Marcel Libama
Cette absence de communication avec l’extérieur intervient dans un contexte marqué par les témoignages de l’ancien codétenu de Bob Mengome. À sa sortie de prison il y a plusieurs semaines, Marcel Libama avait fait part de ses observations directes sur l’état du détenu.
Ses propos, tenus devant la presse, soulignaient déjà une dégradation physique notable : « J’ai laissé Bob dans un état de santé précaire… Bob est très mal en point ». En l’absence de nouvelles récentes, l’impossibilité pour la famille de vérifier l’état actuel de Bob Mengome accentue les préoccupations des défenseurs des droits humains.
Le cadre légal de la détention préventive
SOS Prisonniers Gabon rappelle que le régime des visites est strictement encadré par l’article 23 de l’Arrêté n°0018 portant règlement intérieur des établissements pénitentiaires, lequel prévoit trois visites hebdomadaires pour tout détenu muni d’un permis. Le maintien de l’isolement familial est également analysé au regard de l’article 15 de la Constitution gabonaise sur la dignité humaine et des standards internationaux, tels que les Règles Nelson Mandela : « Priver un détenu de tout contact avec ses proches, sans base légale, porte gravement atteinte à sa dignité et à ses droits fondamentaux », précise l’organisation dans sa communication.
Une demande de clarification judiciaire
Bob Mengome n’ayant pas encore fait l’objet d’un jugement, il bénéficie de la présomption d’innocence. SOS Prisonniers Gabon sollicite désormais l’arbitrage du Procureur Général afin que la situation administrative du détenu soit clarifiée et que ses droits de communication soient rétablis conformément à la loi.










