L’interpellation de Marcel Libama, figure de proue de la contestation au sein de l’Éducation nationale, prend un tournant judiciaire dans le bras de fer qui oppose les syndicats au gouvernement. Désormais aux mains des autorités judiciaires, celui qui a également siégé comme député de la Transition pourrait passer ses prochaines nuits à Sans-Famille.
C’est en pleine période de turbulences pour les lycées et collèges de la capitale que Marcel Libama a été appréhendé ce lundi. Si son nom est indissociable du mouvement SOS Éducation, son interpellation ne serait pas liée à ses revendications professionnelles, mais à des actes précis de blocage constatés sur le terrain.
Les griefs retenus contre lui sortent du cadre classique de la grève. Selon les éléments recueillis, la justice s’appuie notamment sur l’obstruction physique, puisqu’il lui est reproché d’avoir empêché les fonctionnaires non-grévistes d’accéder à leurs postes, une pratique qualifiée d’entrave à la liberté de travail. Par ailleurs, un défaut de qualité est également mis en avant par les autorités. Étant officiellement à la retraite, l’ancien parlementaire n’est plus considéré comme un agent public en exercice, ce qui rend sa présence active dans les locaux administratifs pour y mener des actions de blocage illégale aux yeux de la loi.
Alors que le calme peine à revenir dans les établissements, tous les regards sont tournés vers le palais de justice. Le magistrat instructeur devra trancher pour savoir s’il s’agit d’un simple excès de zèle syndical ou d’un trouble à l’ordre public nécessitant une mise sous les verrous.
Si le mandat de dépôt est confirmé, cette décision risque d’enflammer un dialogue social déjà extrêmement fragile entre les grévistes et le gouvernement.










