L’affaire OGOWÉ SIFFON retentit comme un avertissement solennel sur la nécessité de protéger nos ressources nationales. Pour prévenir le « bradage » des contrats publics et garantir l’intégrité de l’État, l’Inspection Générale des Finances s’impose comme l’acteur central de la régularité financière. Sa mission fondamentale ne consiste pas seulement à surveiller, mais à certifier l’efficacité de chaque centime public engagé.
Dans le cycle de vie d’un contrat public, l’IGF déploie une action stratégique qui s’exerce sur deux temporalités essentielles. En amont de toute signature, elle intervient en tant qu’organe de conseil pour évaluer la soutenabilité financière d’un projet ou la conformité d’une procédure. Cette intervention préventive est le premier rempart contre les engagements hasardeux. En aval, son action se poursuit par des audits et des enquêtes approfondies sur des marchés spécifiques, souvent déclenchés par le sommet de l’exécutif ou suite à des signalements de dysfonctionnements.
Cependant, comme le souligne Guillou Bitsutsu-Gielessen, l’IGF demeure un instrument technique dont l’impact réel est intimement lié à l’écosystème politique qui l’entoure. Son efficacité ne peut être totale que si elle dispose d’une véritable indépendance et de moyens d’action concrets. Le renforcement de cette institution exige donc une volonté politique ferme, capable de transformer les recommandations des inspecteurs en actes concrets et de garantir une saisine systématique dès que l’intérêt général est en jeu.
En définitive, la moralisation de la gestion publique ne pourra se faire sans une IGF forte, capable de transformer l’indignation soulevée par l’affaire OGOWÉ SIFFON en une culture de la transparence et de la responsabilité.










