Cette dynamique de confrontation rappelle les crises observées sous l’administration d’Ali Bongo Ondimba. En 2021, le blocage des négociations entre les enseignants et sa tutelle avait conduit le gouvernement de l’époque à recourir à la procédure de mise sous bons de caisse pour contraindre à la reprise du service. Aujourd’hui, sous l’égide de Camélia Ntoutoume-Leclercq, le gouvernement combine la présentation de résultats statistiques et le déploiement d’un dispositif de contrôle pour assurer le retour dans les établissements.
Le gouvernement fonde sa communication sur le bilan de la commission tripartite arrêté au 16 janvier 2026. Les données officielles validées par Camélia Ntoutoume-Leclercq font état de plusieurs objectifs atteints. La mise en solde des sortants de l’ENS, de l’ENSET, de l’ENIL et de l’ENIF affiche un taux d’exécution de 100 %, concernant plus de 1 000 agents. De même, l’intégration des 100 agents pour les matières scientifiques et la régularisation de 1 810 bénévoles sont considérées comme finalisées par l’administration.
Cependant, ces annonces suscitent des réactions contrastées au sein de la base enseignante. Les grévistes soulignent une disparité de traitement, s’interrogeant sur la priorité accordée à la mise en solde de certains sortants de l’ENS non encore affectés, alors que les instituteurs de l’ENI restent maintenus sous le régime du pré-salaire. Bien que 4 000 dossiers de régularisations globales aient été techniquement bouclés sur un total de 6 574, ce sentiment d’inégalité distributive demeure un point de friction majeur.
En réponse au maintien du mouvement, l’administration active son volet de contrôle. Par une lettre de mission datée du 16 janvier 2026, l’inspecteur général Joachim Ondjila Ognele a mandaté les inspecteurs pour un déploiement du lundi 19 au vendredi 30 janvier 2026. L’objectif est d’établir des listes de présence afin de préparer, si nécessaire, la mise sous bon de caisse. Cette procédure administrative suspend le virement automatique. Le paiement du salaire est alors conditionné par la présentation physique d’une attestation de service fait, signée par le chef d’établissement, lors du retrait du bon de caisse. Par ce levier financier, Camélia Ntoutoume-Leclercq place les agents devant la responsabilité de la reprise ou de la suspension de leur rémunération.
Awendjé comme prélude, lundi comme verdict ?
L’organisation de l’Assemblée Générale de ce samedi a été délocalisée au plateau d’Awendjé suite aux restrictions d’accès imposées aux sites habituels. L’école publique Martine Oulabou, lieu historique de la contestation, ainsi que la Direction de l’Académie Provinciale (DAP) ont été verrouillées, Camélia Ntoutoume-Leclercq subordonnant désormais ces autorisations à l’aval de l’Inspection Générale des Services.
Face au refus de l’usage de la Cathédrale de Libreville, les enseignants devront décider sur ce terrain de sport si les acquis actuels justifient la fin de la grève ou si le mouvement doit se radicaliser malgré les risques pédagogiques.
Toutefois, c’est la journée du lundi 19 janvier qui servira de révélateur. Le constat de présence effectué par les inspecteurs dans les établissements confirmera si le spectre de l’année blanche est écarté ou si la grève se prolonge dans un bras de fer.










