Le dénouement judiciaire est désormais scellé pour Léon Armel Bounda Balonzi. Alors que le délibéré était initialement prévu pour le 9 janvier, le tribunal avait décidé de prolonger sa réflexion jusqu’au 16 janvier. Ce vendredi, l’ancien membre du gouvernement a été reconnu coupable de violation des procédures d’octroi de marchés publics et de blanchiment de capitaux.
Le juge a suivi en partie les réquisitions du ministère public en condamnant l’ex-ministre à une peine de 4 ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme. Cette condamnation s’accompagne d’une amende de 110 millions de francs CFA.
Sur le plan civil, Léon Armel Bounda Balonzi et son coaccusé Abdel Moussavou (Directeur général de ZEN B.T.P.) sont condamnés solidairement à verser la somme de 130 millions de francs CFA à l’État gabonais au titre de dommages et intérêts.
Confiscation de la villa de Fougamou
Outre la privation de liberté, la justice a frappé le patrimoine de l’ancien ministre. Le tribunal a ordonné la confiscation de sa propriété immobilière située à Fougamou. Au cours des débats, l’accusation avait souligné que le train de vie de l’accusé, qui déclarait percevoir 45 millions de francs CFA par trimestre, ne permettait pas de justifier l’acquisition de tels biens sans recourir à des pratiques illicites.
L’affaire trouvait son origine dans la réhabilitation du marché de Potos à Franceville. Le tribunal a lourdement sanctionné l’attribution d’un marché de 3 milliards de FCFA à la société ZEN B.T.P., au détriment d’une offre de 900 millions soumise par l’entreprise SOCOBA.
Léon Armel Bounda Balonzi avait tenté de justifier cette décision par sa « redevabilité » envers Ian Ngoulou, ancien conseiller à la Présidence. Un argument de loyauté politique qui n’a pas résisté à la rigueur du Code des marchés publics.
L’épilogue de l’affaire Bounda Balonzi ne marque pas pour autant la fin des procédures visant les dignitaires de l’ancien régime. Désormais, l’attention se tourne vers le procès attendu de Vincent de Paul Massassa, ancien ministre du Pétrole sous Ali Bongo Ondimba.
Soupçonné de détournement de deniers publics par la justice, Vincent de Paul Massassa avait été interpellé au lendemain du coup d’État du 30 août 2023. D’abord placé en résidence surveillée, il avait finalement été incarcéré à la prison centrale de Libreville au lendemain de la prestation de serment du général Brice Clotaire Oligui Nguema en tant que président de la Transition.










