Dès son arrivée en matinée, au Boulevard triomphal, siège du ministère de la Fonction publique, le Président Oligui Nguema a exprimé son exaspération face à l’inertie et au manque de rigueur. Le message adressé aux responsables est sans appel : identifier et sanctionner les agents fantômes : « Il faut trouver ceux qui ne viennent pas au travail. Vous faites des rapports au secrétaire général et je veux des licenciements, » a-t-il lancé.
Le Chef de l’État a justifié cette position radicale par la nécessité de donner sa chance à une jeunesse diplômée et motivée. Il a opposé les fonctionnaires démotivés à la nouvelle génération : « Il y a des Gabonais sortis des universités qui sont prêts à travailler et qui ont les mêmes diplômes que vous qui êtes ici. Donc, donnez à ces Gabonais la chance. »
Le Président a insisté pour que le remplacement soit fait au profit de profils aptes à moderniser l’État : « Vous, licenciés, vous prenez des jeunes Gabonais qui comprennent le numérique, la digitalisation, qui peuvent faire avancer les dossiers. Pourquoi on va rester toujours avec les mêmes qui traînent les pas ? »
Face à ce qu’il perçoit comme une peur de sanctionner, Brice Clotaire Oligui Nguema a rappelé que l’heure n’est plus à l’hésitation : « Si vous êtes incapables de sanctionner, donnez-moi la liste des absents. Vous avez peut-être peur, mais moi je m’assume dans ce que je fais. On ne peut plus continuer comme ça, » a-t-il affirmé, avant de conclure sur l’objectif final de cette purge : « S’il n’y a que 100 qui travaillent, 60, eh bien, on gardera ces 60, ces 100. Et le reste, on n’en a pas besoin, on les renvoie. »
Le Président a ensuite fait une découverte édifiante concernant les concours de la fonction publique, pointant du doigt un grave défaut de gestion.
« Regardez la salle à côté. Je regarde. Ce sont les résultats du concours entassés. Pourquoi ce n’est pas numérisé ? » s’est-il indigné.
Cette absence de numérisation, au-delà du retard dans la publication des résultats, crée un risque majeur pour la transparence des processus : « Ce qui fait que quelqu’un passe, il va voler le dossier d’un Gabonais. Celui qui est contre va enlever le dossier de l’autre. »
Exigeant la fin immédiate de cette pratique archaïque, il a ordonné la transition numérique. « Les résultats des Gabonais. Mais ça doit être en machine, » a martelé le Chef de l’État, soulignant que cette situation était la cause des plaintes récurrentes sur la mauvaise organisation des concours.
Cette visite d’Oligui Nguema est un signal fort : le Gabon post-coup d’État n’acceptera plus l’inefficacité administrative, et le chantier de la modernisation, des sanctions, et du remplacement par des profils compétents est désormais ouvert. Seulement sera-t-il entendu ?










