Le scandale des maillots : Quand le sélectionneur devient équipementier
L’un des points les plus stupéfiants de l’enquête concerne la préparation des Panthères. On apprend que le match amical contre l’Ouganda a été annulé faute de maillots. Derrière ce ridicule international se cache un conflit d’intérêts majeur : le sélectionneur Thierry Mouyouma est le propriétaire de la société Gasma, qui tentait d’imposer sa marque « Gaboma ».
Malgré un budget de 300 millions de FCFA alloué par la Présidence, la marque n’a jamais été homologuée par la CAF (tissu non conforme, absence de traçabilité). Résultat : les Panthères ont entamé la compétition sans aucun match de préparation, sacrifié sur l’autel d’intérêts privés.
Une sélection sous tension : Guerres de clans et protection politique
L’enquête souligne la rupture totale entre le sélectionneur et la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT). Thierry Mouyouma, soutenu par des proches de la Présidence de la Transition, se serait mis à dos le président fédéral Pierre-Alain Mounguengui. Ce dernier aurait même espéré un échec des Panthères pour justifier le limogeage d’un entraîneur jugé « ingérable » et « arrogant ».
En interne, le climat était décrit comme délétère. Mouyouma aurait imposé une autarcie paranoïaque, s’aliénant au passage des clubs comme l’Olympique de Marseille à cause d’un double discours sur l’état de forme de Pierre-Emerick Aubameyang. Sur le terrain, des choix tactiques aberrants, comme le positionnement de Mario Lemina en défense centrale, ont fini d’achever une équipe sans âme.
Primes et favoritisme : Le retour des vieux démons
Le volet le plus sombre de l’enquête concerne la sélection des joueurs. Molina révèle que les langues se délient en coulisses : certains remplaçants n’auraient été retenus qu’à la condition de reverser une partie de leurs primes de rassemblement aux décideurs. Un système de « rétro-commissions » qui expliquerait la présence de joueurs blessés ou n’ayant pas le niveau international, au détriment de la méritocratie.
Un football local à l’abandon
Enfin, l’enquête rappelle que ce naufrage est le fruit d’années d’abandon du football local. Sans championnat régulier et sans politique de formation, le Gabon est condamné à user ses cadres (Ecuele Manga, Aubameyang) jusqu’à la corde. Le scandale de pédocriminalité, jamais réellement résolu selon l’auteur, achève de décrédibiliser une fédération plus occupée par le « business » des primes que par l’avenir des jeunes pépites gabonaises.
En somme, cette CAN 2025 n’aura été que le révélateur d’un système où le ballon rond est passé des mains d’un clan à un autre, sans jamais changer de méthodes.










