Une légitimité gravée dans la Constitution ?
Pour le Dr Iloko Boussengui, la polémique actuelle est alimentée par une majorité qui déploie une « artillerie disproportionnée pour essayer de discréditer à tout prix » le président d’Ensemble pour le Gabon. Il fustige ceux qui tentent d’« éteindre le feu qui embrase l’opinion en lui reniant même son statut constitutionnel de leader de l’opposition » au motif qu’il ne serait qu’un « opposant des réseaux sociaux ».
À ceux qui arguent du faible score obtenu par l’ancien Premier ministre, il répond avec fermeté : « S’il y a un leader de l’opposition par le fait du faible score enregistré par ce dernier, c’est votre constitution qui le prévoit, relisez-la attentivement. »
Il pousse le raisonnement plus loin en soulignant l’incohérence de cette logique comptable : « Si vous persistez sur cette voie, la conséquence logique est qu’il n’y aurait pas de président élu par le même fait du score de 95%. »
La critique du « score à la soviétique »
Le Dr Iloko Boussengui ne cache pas son scepticisme face aux résultats officiels du scrutin d’avril 2025. Selon lui, « dans une élection démocratique, ce score à la soviétique, malgré les effets prétendument positifs induits par le coup d’État dont il serait le seul responsable, interroge. » Il s’étonne d’ailleurs de l’absence de réaction des autres candidats face à de tels chiffres : « À votre place, l’opposition serait triste parce qu’on ne peut pas en temps normal accepter ce qui a été accepté sans la moindre contestation par les 7 candidats comme s’ils s’étaient donné une consigne ou qu’ils avaient reçu une compensation pour ce silence assourdissant. »
Un refus de « falsifier l’histoire »
Revenant sur les précédents historiques de 1993, 2009 et 2016 souvent cités par le pouvoir pour minimiser l’influence d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, le Dr Iloko Boussengui est catégorique : « Non, il ne faut pas falsifier l’histoire pour se donner un bon rôle ou pour justifier l’injustifiable. » Il rappelle que depuis le retour du multipartisme en 1990, les résultats « ont toujours donné lieu à des contestations documentées ».
Pour lui, prétendre que le dernier scrutin a été parfaitement transparent est « dangereux et contre-productif ». Il ajoute à l’adresse des soutiens du régime : « Vous ne rendez pas service à votre champion […] vous remuez inutilement le couteau dans la plaie. »
« Une opposition qui donne des insomnies »
En guise de conclusion, le Dr Iloko Boussengui dresse un portrait sans complaisance des forces en présence. Il voit désormais « une opposition responsable, dynamique qui donne des insomnies et une majorité qui vacille, qui trébuche, qui se cherche. » Sa sentence finale sonne comme un défi lancé au pouvoir en place : « Si cette opposition vous gêne, alors cherchez à faire correctement ce pourquoi vous avez été plébiscités. »









