Attaque du QG de Jean Ping en 2016 : un appel à la vérité institutionnelle
Interrogé sur les révélations de l’hebdomadaire Marianne concernant l’assaut du QG de Jean Ping, Alain-Claude Bilie-By-Nze a invité à une lecture institutionnelle des faits, écartant toute implication personnelle.
« Première question, qui était Premier ministre en août 2016 ? Deuxième question, qui a été ministre de l’Intérieur en août 2016 ? Troisième question, qui a été ministre de la Défense en août 2016 ? Question subsidiaire, quels étaient les commandants en chef ? », a-t-il interrogé, soulignant que la traçabilité des opérations militaires existe : « J’ai déjà dit que l’armée a une mémoire. Si un hélicoptère a décollé, le premier jour du 31 août 2016, on sait qui était le pilote de cet hélicoptère. On sait qui était à bord. »
L’ancien chef du gouvernement refuse d’endosser une responsabilité qui ne serait pas la sienne : « Le nom de Bilie-By-Nze n’apparaît nulle part. C’est parce que je me suis mis en face, que je refuse de continuer avec un régime qui spolie les populations, qu’on veut tout mettre sur mon dos. Je n’accepte pas. Et je vais débattre avec ceux qui sont là pour que la vérité sur ces éléments-là soit connue. La stratégie du bouc émissaire, c’est bon, là, c’est fini. Il faut maintenant que chacun réponde de ce qui a été fait. »
Conditions de détention de Sylvia Bongo : une interpellation du pouvoir actuel
Abordant l’interview accordée par Sylvia Bongo Ondimba au média international France 24, Alain-Claude Bilie-By-Nze a estimé qu’il revient aux gouvernement d’apporter des éclaircissements sur les allégations de mauvais traitements. « Le minimum à attendre aujourd’hui, c’est que le pouvoir réagisse, c’est que le pouvoir réponde, c’est que le pouvoir dise si ce qu’elle a dit est vrai ou pas. Est-ce que oui ou non, elle était en détention dans les sous-sols de la présidence ? (Ndlr : le ministre de la Communication, Germain Biahodjow, a réagi dimanche, fustigeant des « récits déformés » et des « contre-vérités », et invoquant « l’esprit de responsabilité et de magnanimité » dont aurait fait preuve le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Le ministre a cité comme preuve majeure la libération de l’ancien président Ali Bongo Ondimba, qualifiant ce geste d’humanité de « cas d’école » en matière de transition politique, lire ici). Parce que ça, c’est grave. », a-t-il déclaré.
Sur le rôle de l’ancienne Première dame dans la gestion des affaires publiques, il a maintenu sa position : « Moi, j’ai dit que je ne l’ai jamais vue au bureau du président. Maintenant, si elle a pu être un conseil pour son époux, je n’en sais rien. […] Du point de vue des institutions, elle n’avait pas un rôle institutionnel. »
Régulation numérique : l’action en justice contre la HAC
Enfin, concernant la suspension des réseaux sociaux, Alain-Claude Bilie-By-Nze a contesté la légalité de la mesure prise par l’organe de régulation de la communication.
« Rien, du point de vue de cette loi, ne donne à la HAC l’autorité de suspendre les réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national. Rien. La HAC est un régulateur de la communication et des médias. Les réseaux sociaux ne concernent pas que les médias et la communication. Ils concernent l’ensemble des Gabonais », a-t-il expliqué.
Dénonçant une procédure qu’il juge irrégulière, il est revenu sur l’action judiciaire en cours qu’il a lancée contre la HAC : « On ne commence pas par suspendre. Et le temps de la suspension, on cherche à réguler. Ça ne se fait pas comme ça. Nous saisissons le tribunal de première instance de Libreville pour des voies de fait. Parce que pour nous, la HAC est là dans le domaine des voies de fait. Ça veut dire qu’il n’y a pas le droit. C’est une violence d’État. »
Le dernier Premier ministre d’Ali Bongo et candidat malheureux à la présidentielle d’avril dernier a conclu en précisant que la procédure est engagée et qu’il attend la fixation d’une date d’audience pour présenter ses arguments face à ceux de la HAC.










