Le Gabon et le Fonds Monétaire International s’apprêtent à franchir une étape décisive dans la normalisation de leurs relations financières. Selon des sources concordantes et des annonces récentes du ministère de l’Économie, une délégation de l’institution de Bretton Woods est attendue à Libreville au cours du mois de février 2026. Cette visite intervient après une mission technique préliminaire menée en novembre 2025 et l’annonce officielle de la conclusion prochaine d’un nouveau programme économique de croissance. Pour Libreville, il ne s’agit plus seulement de discuter de principes, mais de finaliser une trajectoire crédible capable de rassurer les investisseurs internationaux et de stabiliser les comptes publics.
Depuis l’arrivée au pouvoir des autorités de la Transition, la stratégie économique semble s’être articulée autour d’une souveraineté affirmée, résumée par la volonté de maîtriser les équilibres internes avant de solliciter de nouveaux emprunts. Le gouvernement a ainsi pris le temps de consolider les chiffres de l’exercice 2025 avant de s’engager formellement avec le Fonds. Le futur programme avec le FMI est perçu comme un levier indispensable pour restaurer la confiance des marchés, car un accord avec cette institution agit souvent comme un gage de crédibilité permettant d’accéder à d’autres financements extérieurs à des taux plus favorables. De plus, les fonds et l’assistance technique attendus devraient appuyer la finalisation du Plan National de Croissance et de Développement pour la période 2026-2030. La mission devra également valider les mécanismes de transparence et de lutte contre l’accumulation d’arriérés de paiement, des points sur lesquels l’institution reste traditionnellement très exigeante.
Cependant, si les indicateurs macroéconomiques montrent des signes de résilience, notamment grâce aux revenus pétroliers et au dynamisme des BTP, cette mission arrive dans un climat social attentif. La hausse du coût de la vie et les revendications sectorielles rappellent que les réformes de rigueur budgétaire devront impérativement être conciliées avec la protection des populations les plus vulnérables. Le ministre d’État à l’Économie et ses équipes auront donc fort à faire pour convaincre les experts du Fonds de la viabilité des réformes gabonaises tout en préservant la marge de manœuvre nécessaire au développement social du pays.
Cette perspective ne manque pas de susciter des divergences de lecture au sein de la classe politique nationale. Si le gouvernement préfère évoquer un « programme de croissance économique » pour souligner une dynamique de relance, l’opposition y voit une réalité bien différente. Pour de nombreux détracteurs de la politique actuelle, le pays s’achemine inévitablement vers un programme d’ajustement structurel, synonyme de restrictions budgétaires. C’est notamment l’avis d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, président d’Ensemble pour le Gabon, qui a déclaré ce vendredi que le pays allait vers un plan d’ajustement structurel, marquant ainsi une opposition frontale avec le discours officiel de l’exécutif.










