Une « violation grave » des libertés fondamentales
Le ton est donné dès les premières lignes du communiqué : c’est avec « consternation et indignation » que la formation politique de l’opposition a accueilli la suspension des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national. Pour le dernier Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba, Bilie-By-Nze, cette décision n’est rien de moins qu’une « violation grave des libertés fondamentales garanties par la Constitution de la République gabonaise ».
Le parti énumère les droits ainsi bafoués : liberté d’expression, de communication, d’opinion, mais aussi « la liberté d’entreprendre et de mener une activité économique par les opérateurs numériques et les citoyens ». En tranchant ainsi dans le vif de la connectivité nationale, la HAC, agissant selon l’EPG « sous l’autorité du Gouvernement », porterait une « atteinte inacceptable à la démocratie ».
Un « abus de pouvoir » juridiquement contestable
L’ancien candidat à la présidentielle d’avril dernier, arrivé second derrière son adversaire politique le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, ne mâche pas ses mots à l’égard de l’autorité de régulation. Selon le chef de file de l’opposition, « rien, absolument rien, ne donne le droit à la HAC de prendre une telle mesure ». Le leader d’Ensemble pour le Gabon fustige un « abus de pouvoir, juridiquement contestable et politiquement inacceptable, qui bafoue l’État de droit », soulignant au passage que cette décision contredit les engagements internationaux du Gabon.
Le parti exprime sa « ferme condamnation » face à une mesure qui, selon ses termes, installe un « climat de peur et de répression » incompatible avec les principes démocratiques. Outre l’aspect politique, l’EPG s’inquiète pour le tissu économique, affirmant que cette coupure « fragilise l’économie numérique et nuit aux libertés d’entreprise ».
Vers un bras de fer international ?
Loin de se contenter d’une simple protestation, Bilie-By-Nze lance un ultimatum. Si la décision n’est pas annulée « dans les plus brefs délais », le parti Ensemble pour le Gabon prévient qu’il « saisira toutes les instances nationales, régionales et internationales compétentes ».
Appelant les forces citoyennes et les acteurs économiques à se mobiliser, l’opposant interpelle également la communauté internationale : « [Nous interpellons] les amis du Gabon afin qu’ils fassent entendre raison aux autorités gabonaises et rappellent l’exigence du respect des libertés fondamentales ».
La bataille pour le rétablissement du Web social ne fait que commencer à Libreville, le président de l’EPG promettant d’agir « sans relâche pour que la liberté, la justice et la dignité citoyenne prévalent au Gabon ».










