Pour mesurer l’adhésion réelle des Gabonais, Le Confidentiel a lancé une consultation populaire le 13 janvier 2026 sur sa chaîne whatsapp. Les chiffres issus de ce sondage illustrent une nation scindée en deux blocs presque égaux. Une courte majorité de 51,8 % se dit favorable au rétablissement de la peine de mort, principalement pour les crimes de haute trahison et les crimes graves. À l’opposé, 40,7 % des votants s’y opposent fermement, invoquant le respect absolu du droit à la vie et les engagements internationaux ratifiés par le pays, tandis que 7,5 % des citoyens restent sans avis.
Cette volonté de revenir sur l’abolition de 2010 a provoqué une réaction cinglante d’Alain-Claude Bilie-By-Nze. Dans une déclaration publiée le 8 janvier 2026, l’ancien Premier ministre a fustigé ce qu’il qualifie de dérive populiste et de démagogie. Selon lui, confronté à un échec cuisant dans la lutte contre la criminalité, le pouvoir brandit la peine de mort pour tenter de rassurer une opinion publique gagnée par la peur et le doute. Il rejette l’efficacité de la mesure, affirmant que la peine capitale n’a jamais fait reculer la criminalité, et plaide plutôt pour l’octroi de moyens humains et matériels conséquents aux Forces de Défense et de Sécurité ainsi qu’à une justice véritablement indépendante.
L’organisation SOS Prisonniers rejoint cette analyse en soulignant que le véritable frein à la justice n’est pas l’absence de la peine de mort, mais l’impunité. L’association cite notamment les dossiers de Karl Stacy Akoué, torturé à mort en octobre 2023, et de Johan Bounda, décédé au B2 en décembre 2024, pour lesquels aucun jugement n’a encore été rendu. Alain-Claude Bilie-By-Nze interpelle d’ailleurs directement le pouvoir sur le nombre de coupables et de commanditaires présumés réellement arrêtés à ce jour.
En cas de référendum, le Gabon pourrait ainsi vivre un débat national houleux où le consensus semble encore loin d’être atteint.









