C’est un exercice de transparence qui a débouché sur un constat de crise. Le 16 février dernier, sous la direction du vice-président du Parlement, Alexandre Gilbert Awassi, les députés des six pays de la zone CEMAC ont assisté à une présentation détaillée du vice-président de la Commission, Charles Assamba Ongodo.
Le rapport général sur le fonctionnement de l’institution pour l’année 2025 qualifie la situation financière actuelle de « très préoccupante ».
263 milliards de francs d’arriérés : le poids de l’inaction
Au cœur de ce dossier budgétaire se trouve la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI). Censée constituer le socle du financement de la Communauté, son recouvrement accuse une faiblesse persistante. Le chiffre, présenté dans un tableau qui a suscité de vives réactions dans l’hémicycle, est explicite : 263,5 milliards de francs CFA d’arriérés sont accumulés à ce jour.
Cette difficulté des États membres à reverser la TCI exerce une pression significative sur le fonctionnement quotidien des institutions et ralentit la mise en œuvre des projets intégrateurs destinés aux populations de la sous-région.
Les députés demandent des comptes
Face à ce bilan, les parlementaires ont souhaité obtenir des réponses précises. De la Guinée équatoriale au Gabon, en passant par la Centrafrique, le Tchad et le Congo, les interventions se sont succédé pour faire la lumière sur la situation. Les députés, parmi lesquelsRamiro Pedro Nsue Nfumu, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, Éric Essono-Mezoui ou encore André Nalké Dorogo, ont interpellé la Commission sur la « santé réelle » de la CEMAC, notamment suite aux informations relayées par les médias concernant une possible suspension des activités.
« Serrer la ceinture » : le nouveau crédo de la Commission
Répondant aux inquiétudes, le vice-président Ongodo a tenu à clarifier la stratégie de l’exécutif. Il ne s’agit pas d’une suspension, mais d’une application rigoureuse de « mesures conservatoires ». Une note circulaire interne impose désormais une gestion de crise inédite.
« La note disait que ça ne va pas, serrons la ceinture », a-t-il expliqué devant les élus.
Concrètement, la consigne est à la rationalisation extrême : seules les missions jugées prioritaires et les activités phares sont maintenues. Bien que le vice-président ait entamé une tournée dans quatre États pour obtenir le déblocage des fonds promis, l’institution demeure dans l’expectative. « On attend que ces promesses soient suivies d’effets », a-t-il précisé.
Alors que les travaux parlementaires doivent s’achever le 3 mars prochain, ce rapport souligne l’urgence d’une mobilisation des États pour garantir la pérennité de l’intégration régionale.










