Pour la direction de Réappropriation du Gabon, de son Indépendance pour sa Reconstruction (REAGIR), les assises organisées le samedi 28 mars ne sont qu’une mise en scène sans valeur légale. Le parti affirme observer « avec gravité mais sans surprise » les manœuvres de François Ndong Obiang et de ses alliés, qu’il accuse de se réclamer « abusivement de son identité ». Selon le texte, ce congrès n’est que « l’aboutissement d’une stratégie de falsification méthodique au confluent de l’opportunisme et de la vénalité ».
D’abord sur la forme. Le président Ongoundou-Loundah dresse un réquisitoire implacable contre son désormais ancien compagnon politique et ses « affidés », les accusant d’avoir « orchestré une mystification qui déshonore la pratique politique ». Le communiqué détaille ce qu’il nomme « l’usurpation en trois actes » en commençant par le naufrage pénal des organisateurs, « exclus en novembre 2024 » pour « falsification de cachet » et aujourd’hui poursuivis pour « faux et usage de faux » devant une justice saisie de cette « contrefaçon de l’autorité ».
L’attaque se poursuit sur le plan du sacrilège identitaire avec le détournement d’un logo protégé pour y substituer une « “torche indigène” à la place du “i” », un artifice visuel qualifié d’« accessoire au symbolisme aussi flou que leur ligne politique », car comme le martèle la présidence, « on ne bâtit pas un destin avec des logos volés ». Enfin, le communiqué dénonce le vandalisme et la fuite des proches de Ndong Obiang, notamment Bruno Ondo Mintsa, Fabrice Ekomo Ossazeh et Denard Ovono, accusés d’avoir quitté le siège en juillet 2025 après une « occupation illicite » en emportant « le mobilier, le matériel de bureau ainsi que… le chien de garde ». Pour la présidence, le constat est amer : « la politique n’est pas un cambriolage, mais un sacerdoce ».
Sur le fond de l’alliance avec l’UDB actée samedi dernier, le communiqué est particulièrement acerbe à l’endroit du membre du gouvernement. Michel Ongoundou-Loundah affirme que si Ndong Obiang souhaitait changer de bord, il aurait pu le faire avec la « noblesse des Hommes de conviction », mais qu’il a préféré la « bouffonnerie de la fuite en avant », laissant derrière lui un « champ de ruines financier, juridique et moral ». L’objectif réel de ce rapprochement serait de « vendre le sigle REAGIR au plus offrant pour des dividendes personnels ».
Invoquant la « jurisprudence de la vérité », le directoire rappelle que par l’arrêt du 6 septembre 2025, la Cour constitutionnelle a déjà « acté leur mort civile et politique au sein de REAGIR ». Le message adressé aux « acquéreurs de cette boutique vide » est limpide : tant que le litige pour « bicéphalité » demeure devant les juridictions, « aucun acte officiel n’est juridiquement fondé et recevable ».
En conclusion, la présidence de REAGIR martèle que le parti ne sera « jamais l’instrument de marchandage de quelques opportunistes en quête de survie ». Se posant en « sentinelle au service du peuple gabonais, inébranlable face aux imposteurs », Michel Ongoundou-Loundah rappelle une sagesse locale : « Les traces de celui qui marche dans la boue finissent toujours par sécher au soleil. » Pour le camp légaliste, si la trahison peut occuper un bâtiment de congrès le temps d’un samedi, elle « ne loge pas dans le cœur des militants engagés ».









