Avec L’Union
Le thème choisi pour cette 27e édition, « L’avocat dans la cité : plus qu’un défenseur, un pilier de la République », a donné le ton d’une intervention sans fard. Devant un parterre de dignitaires et le représentant du ministre de la Justice, le Bâtonnier a d’abord souligné la vitalité de son institution, notant « la progression des effectifs avec 212 avocats désormais inscrits, contre 168 auparavant », tout en précisant que le cœur de son message portait sur les « nombreuses difficultés auxquelles fait face le Barreau ».
Un cadre légal et financier jugé défaillant
Le premier volet de sa charge a concerné l’obsolescence des textes. Me Obame Sima a insisté avec force sur « l’urgence de réviser la loi du 7 janvier 2015, modifiée en 2024, afin de moderniser l’exercice de la profession ». Mais c’est l’absence de soutien institutionnel qui a suscité ses mots les plus vifs. Il a ouvertement « déploré l’absence de subvention de l’État, alors même que le Barreau assure une mission de service public depuis 1972 ».
Le Bâtonnier a également haussé le ton sur la question de la prise en charge des avocats. Il a « dénoncé les modalités de rémunération des avocats lors des sessions criminelles, jugées contraires aux orientations des plus hautes autorités ». Pour marquer sa détermination, il a annoncé que leur participation en 2026 « se fera désormais dans le strict respect des instructions présidentielles ».
Offensive contre les « empiètements » judiciaires
Sur le terrain du droit pur, Me Obame Sima n’a pas ménagé les autres acteurs du système. Il a fermement « dénoncé les empiètements de certains acteurs judiciaires sur les prérogatives des avocats ». Pour y remédier, il a plaidé pour une reconquête du périmètre de la profession en demandant notamment « l’abrogation de dispositions restreignant l’accès à certaines juridictions supérieures » ainsi que « la réinstallation de la Chambre commerciale à la Cour de cassation ».
Le cri d’alarme sur la situation carcérale
Sortant du cadre corporatiste, le Bâtonnier a porté un regard critique sur la gestion des prisons. S’il a « salué la libération récente de 274 détenus », il n’a pas manqué d’alerter les pouvoirs publics sur les « conditions de détention » actuelles. Face à ce constat, il a formulé des solutions concrètes, proposant « la construction de nouvelles prisons, la mise en place d’une Commission de suivi des détenus et l’organisation accrue de sessions criminelles ».
En réponse, le ministre François Ndong Obiang a exprimé le souhait de voir le dialogue se poursuivre « dans un esprit constructif ». Cependant, après ce plaidoyer, le Barreau semble avoir tracé une ligne rouge : la modernisation de la Justice ne pourra se faire sans une prise en compte réelle du « pilier » qu’il représente.









