La réponse de Libreville ne s’est pas fait attendre. Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a exprimé la « ferme condamnation » du gouvernement suite à la diffusion de l’entretien de Sylvia Bongo. L’ancienne première dame y affirmait avoir subi, ainsi que son fils Noureddin, des actes de torture durant leur détention.
Pour le porte-parole du gouvernement, ces déclarations relèvent de la mise en scène. Germain Biahodjow a fustigé des « récits déformés » et des « contre-vérités » qui, selon lui, sont amplifiés par certains organes de presse internationaux. Le ministre a regretté que ces médias servent de « relais à des campagnes de désinformation » nuisant à la réputation internationale du Gabon et de ses institutions.
Contestant point par point le récit de l’ex-première dame, le membre du gouvernement a assuré que Sylvia Bongo, son fils et leurs co-accusés avaient bénéficié, tout au long de leur procédure, d’un traitement strictement « conforme aux règles de droit » et garantissant le « respect de la dignité humaine ».
La menace d’une suspension de diffusion de France 24
Face à ce que le gouvernement qualifie de « dérives répétées », le ton se durcit. Soucieux de « préserver l’ordre social », le ministre a annoncé que le gouvernement se réservait le droit de prendre des mesures de rétorsion. Parmi celles-ci, la suspension souveraine du droit de diffusion de France 24 sur le territoire gabonais est explicitement envisagée.
Un rappel de la « magnanimité » de la Transition
Afin de contrebalancer l’image d’un régime répressif, Germain Biahodjow a tenu à rappeler le caractère, selon lui, exemplaire de la transition politique entamée en août 2023. Il a notamment mis en avant « l’esprit de responsabilité et de magnanimité » dont aurait fait preuve le président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le ministre a cité comme preuve majeure la libération de l’ancien président Ali Bongo Ondimba, qualifiant ce geste d’humanité de « cas d’école » en matière de transition politique.










