Le gouvernement présente officiellement cette initiative comme un « programme de croissance économique ». Toutefois, pour plusieurs analystes, cette formule pourrait occulter la mise en œuvre d’un programme d’ajustement structurel sous l’égide de l’institution de Bretton Woods. Ce décalage s’illustre par les prévisions de la loi de finances 2026 : alors que le budget de 7 233,3 milliards FCFA mise sur une croissance de 7,9 % au nom de la « refondation économique », ces objectifs sont jugés irréalistes par divers observateurs. En effet, la croissance dans la zone CEMAC devrait stagner entre 2,4 % et 2,8 % sur la période 2025.
Le Gabon fait face à un endettement important. En l’absence d’un accord avec le FMI, le pays s’expose à une situation économique critique, incluant un risque de défaut de paiement. Cette vulnérabilité est accentuée par la dégradation de la note souveraine par Fitch Ratings, passée de « CCC » à « CCC- » fin décembre 2025, ainsi que par un recours massif au marché local pour financer les projets publics. Les données de la Direction Générale de la Dette indiquent une accélération du rythme de l’endettement : si 8 000 milliards FCFA ont été empruntés en 14 ans sous l’administration précédente (48 milliards par mois), la période de Transition a mobilisé 4 800 milliards en 29 mois, soit une moyenne de 165 milliards mensuels. Ce rythme est 3,4 fois plus élevé que par le passé.
La seule bonne nouvelle ? Dans ce cadre, l’intervention du FMI, reconnu pour son exigence en matière de gestion des finances publiques, pourrait favoriser une plus grande discipline budgétaire.
L’obtention de financements auprès du FMI impliquera, en contrepartie, des coupes budgétaires ciblées, notamment sur les subventions. La loi de finances 2026 ayant déjà acté la fin de la gratuité du transport public, l’incertitude demeure quant aux mesures que le gouvernement introduira dans sa future loi de finances rectificative.
La prochaine loi de finances sera donc examinée avec attention. Entre les objectifs d’un programme de croissance économique et les contraintes d’un ajustement structurel, l’évolution de la situation économique nationale apportera prochainement une réponse définitive.










