« Le militaire n’est pas un assassin »
Face à la presse, Michel Ongoundou Loundah a tenu à rappeler la sacralité de l’engagement militaire, tout en pointant du doigt la dérive meurtrière de certains corps de défense. Pour lui, l’argument de l’obéissance aveugle ne peut tenir lieu de défense.: « Ali Bongo n’était pas dans l’hélicoptère. Il n’avait pas une arme. Ceux qui ont tiré sur nous devraient pouvoir nous présenter une réquisition. Parce que l’usage des armes par un militaire est réglementé. Le militaire n’est pas un assassin », a-t-il martelé avec force.
Refusant que le pouvoir actuel ou passé s’abrite derrière des « boucs émissaires » faciles, il rejette l’idée que l’ordre reçu dédouane celui qui appuie sur la gâchette : « On ne vient pas nous dire : c’est un tel qui nous a donné l’ordre. Ces gens auraient pu tirer sur leur mère et sur leur fille parce qu’on leur aurait prétendument donné des ordres ? Je dis non. »
L’ombre de Nuremberg sur le 31 août 2016
Pour étayer sa position, le président de REAGIR a convoqué l’histoire mondiale, dressant un parallèle audacieux mais explicite avec les crimes du IIIe Reich : « Je convoque la jurisprudence de Nuremberg, après la Deuxième Guerre mondiale, où certains nazis avaient voulu se défausser sur Hitler. Donc c’est pareil. Quand on vient nous dire : oui, on était sous les ordres de M. Ali Bongo, d’accord, mais il faut nous le prouver », a-t-il lancé.
Selon lui, le passage du temps ne doit pas effacer la gravité des faits, d’autant que le bilan reste encore flou : « Déjà, on ne sait même pas combien de morts il y a eu. On ne sait pas combien de blessés. Il y en a qui ont fui ce pays. Nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s’était passé. »
Le plaidoyer pour une commission d’enquête internationale
Michel Ongoundou Loundah a rappelé que le combat pour la vérité se joue également sur la scène diplomatique. Évoquant ses actions menées à Bruxelles avec ses alliés, il a réitéré l’exigence d’une expertise neutre pour faire la lumière sur 2016, mais aussi sur les événements de 2009. « En 2009, il y a eu des massacres. En 2016, on a changé d’échelle, on est allé plus haut. On ne peut pas continuer comme ça, à faire comme si de rien n’était. On finira par obtenir cette commission d’enquête internationale indépendante. Et les coupables, quel que soit le temps que ça prendra, devront rendre des comptes. »










