Le ministre de la Communication a tenu à répondre point par point aux propos de Sylvia Bongo Ondimba, qui affirme avoir subi, aux côtés de son fils Noureddin, des actes de torture et des spoliations durant leur détention.
Un démenti catégorique sur le traitement des détenus
Pour Germain Biahodjow, le récit diffusé par le média français est aux antipodes de la réalité vécue par l’ex-famille présidentielle. « Le gouvernement de la République récuse fermement ces allégations diffamatoires », a-t-il martelé, avant de préciser : « Durant leur détention, l’ancienne première dame, son fils Noureddin Bongo Valentin, tout comme leurs co-accusés, ont bénéficié d’un traitement conforme aux règles de droit et au respect de la dignité humaine. »
Le ministre a directement mis en cause la responsabilité de France 24 dans ce qu’il qualifie de campagne de dénigrement : « Le gouvernement condamne avec fermeté la diffusion de ces contre-vérités et des récits déformés, amplifiés par certains médias occidentaux qui, sans vérification suffisante, servent de relais à des campagnes de désinformation, portant atteinte à l’image du Gabon et à la crédibilité de ses institutions. »
Le grief du manque de vérification journalistique
Au cœur du contentieux, le gouvernement place la rigueur déontologique de la chaîne. Le ministre a insisté sur le fait que la critique ne visait pas la liberté d’informer en soi, mais la méthode employée. « Il ne s’agit pas d’accuser France 24. Il s’agit de condamner l’attitude de France 24 qui n’a pas pris du temps pour vérifier la véracité des informations données par l’ancienne première dame avant leur diffusion », a-t-il souligné.
Tout en rappelant que la liberté d’expression est inscrite à l’article 14 de la Constitution gabonaise, il a rappelé que l’article 26 de ce même texte encadre son exercice par des devoirs de diligence. Pour les autorités de transition, la chaîne française aurait failli à ces obligations.
Vers une suspension « à titre conservatoire »
Face à ce que Libreville qualifie de « dérives répétées », la sanction est désormais clairement envisagée. « Si cette attitude de la diffusion sur le territoire national des informations insuffisamment vérifiées… Eh bien, l’État gabonais, le gouvernement de la République se réserve le droit souverain de suspendre l’émission de ces chaînes internationales sur notre territoire à titre conservatoire », a prévenu le ministre.
Germain Biahodjow a conclu en affirmant que le Gabon ne tolérerait plus la diffusion de tels contenus, particulièrement sur une période de transition qu’il juge exemplaire. « À travers l’interview de l’ancienne première dame, il n’est pas question que ces chaînes continuent à diffuser ce type d’informations sur l’État gabonais et sur ses institutions.










