Selon les informations révélées par la publication spécialisée Africa Intelligence, le général Bernard Gnamankala succède au Français Jean-Charles Solon. Le chef de l’État aurait reçu l’expert français le 10 mars dernier au Palais Rénovation pour lui signifier officiellement la fin de sa mission. Ce mouvement met un terme à quatre décennies de direction française, incarnée par des figures comme Maurice Marion ou le colonel Boisseau. En choisissant cet officier supérieur de police, Oligui Nguema place un technicien chevronné au cœur du dispositif de souveraineté nationale.
Un parcours dédié à la sécurité de l’État
Fils de Laurent Nguetsara, figure historique ayant dirigé les services de renseignement sous Omar Bongo Ondimba, Bernard Gnamankala s’inscrit dans une lignée familière des arcanes du pouvoir. Son ascension est le fruit d’une carrière presque exclusivement consacrée aux services spéciaux et à la protection des institutions. Avant de prendre les rênes du Silam, il a occupé des fonctions stratégiques à la tête de la Direction générale de la documentation et de l’immigration (ex-Cedoc). Nommé en août 2020, il y a supervisé la centralisation des données sécuritaires, territoriales et économiques du pays jusqu’en mars 2026. Auparavant, son expertise avait déjà été sollicitée au plus haut niveau en tant que secrétaire permanent adjoint du Conseil national de sécurité.
Une expertise certifiée à l’international
Le profil du nouveau patron du Silam se distingue par une formation de haut niveau acquise auprès des plus grandes agences mondiales. Diplômé de la prestigieuse FBI National Academy de Quantico, aux États-Unis, il a également complété son cursus en France au sein de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Cette double culture sécuritaire, alliant les méthodes anglo-saxonnes et françaises, lui confère une polyvalence recherchée. Selon Africa Intelligence, cette expertise technique est indispensable pour diriger le Silam, une infrastructure dont les capacités permettent notamment une surveillance stratégique des câbles télécoms sous-marins au large des côtes d’Afrique centrale.
Les défis de la souveraineté technique
L’arrivée du général Gnamankala à ce poste intervient dans un contexte de rééquilibrage sécuritaire et diplomatique. Si le Gabon maintient des relations étroites avec ses partenaires traditionnels, le général devra piloter l’autonomisation technique du pays. Sa mission consistera désormais à moderniser les outils d’interception et de traitement de l’information tout en garantissant que les secrets d’État soient gérés sous un commandement strictement national.










