Le silence numérique qui pèse sur le pays pourrait bientôt prendre fin, mais selon des modalités très encadrées. Germain Biahodjow a précisé que le rétablissement des réseaux sociaux dépend directement de l’issue des discussions stratégiques menées entre la Haute Autorité de la Communication (HAC) et les grandes plateformes internationales.
Un dialogue sous conditions avec les Big Tech
L’exécutif gabonais ne souhaite pas un simple retour au statu quo. Au cœur des négociations actuelles se trouve la mise en place de mécanismes de modération plus efficaces et adaptés au contexte local. Les autorités attendent des engagements fermes de la part des opérateurs numériques, exigeant une réactivité accrue dans le retrait des contenus jugés sensibles ainsi qu’une lutte sans concession contre les dérives informationnelles. Ce nouveau cadre impose également un renforcement structurel de la coopération avec les régulateurs nationaux pour garantir la sécurité et l’ordre public.
Une régulation participative : le Forum national
Parallèlement à ces échanges techniques, le gouvernement entend donner la parole aux forces vives du pays à travers l’organisation prochaine d’un Forum national sur la régulation du numérique. Cette rencontre devrait marquer un tournant en jetant les bases d’une autorégulation inclusive impliquant les citoyens, les professionnels des médias et les acteurs du digital. L’ambition est de définir un cadre cohérent avec les réalités socioculturelles gabonaises afin de favoriser un usage plus responsable des outils de communication.
Une prudence assumée
Malgré l’attente pressante des usagers et l’impact évident sur les acteurs économiques, le gouvernement privilégie une approche progressive. Cette prudence assumée lors de son intervention devant la presse vise avant tout à prévenir la résurgence des pratiques ayant initialement conduit à la suspension. En somme, si le retour des réseaux sociaux se précise, il s’inscrit dans une volonté de bâtir un espace numérique plus sûr, où la liberté d’expression s’accorde avec les impératifs de stabilité nationale.









