Des annonces tardives face à un passif administratif lourd
Le communiqué publié hier annonce l’octroi de 300 premiers postes budgétaires et la régularisation de 3 000 situations administratives. Si ces chiffres semblent importants, ils ne constituent qu’une réponse partielle à un malaise qui s’est cristallisé sous le magistère de Camélia Ntoutoume Leclercq.
Depuis 2015, les dossiers d’intégration, de titularisation et d’avancement de milliers d’agents sont restés en souffrance. Ce gel des carrières condamne les enseignants à une stagnation inacceptable. Pour les partenaires sociaux, ces nouvelles mesures ressemblent à une réaction d’urgence face à la paralysie totale du secteur plutôt qu’à une véritable planification. La ministre semble avoir longtemps privilégié son image et l’apparat — à l’instar du scandale du chant d’anniversaire à l’endroit du chef de l’État lors d’une levée des couleurs en mars dernier — au détriment de ces dossiers de fond.
L’immobilisme des cadres et le spectre du clientélisme
Une frustration majeure persiste au sein de la communauté éducative : l’absence de renouvellement des responsables d’établissements. Alors que la Transition aurait dû s’accompagner d’un souffle nouveau dans l’administration, les mêmes visages restent en place. Ces responsables sont souvent perçus, à tort ou à raison, comme des proches de la ministre. Ce sentiment de surplace administratif alimente l’idée que le ministère est géré comme une chasse gardée, loin de l’esprit de rupture prôné par les nouvelles autorités.
Des nominations irrégulières : une bombe juridique à retardement
Plus grave encore, la méthode de gestion de Camélia Ntoutoume Leclercq place l’État dans une situation périlleuse. Alors que les responsables d’établissements (proviseurs, censeurs) devraient être nommés par décret, la ministre procède par de simples arrêtés.
Cette irrégularité administrative prive les personnels concernés des primes et avantages liés à leurs fonctions. En agissant ainsi, la ministre expose l’État à un risque judiciaire majeur : une saisine massive de la juridiction administrative pour exiger réparation pourrait entraîner des condamnations financières colossales.
Le mépris des vacations et la mise sous tutelle de fait
L’épisode du 7 janvier, avec des vacations versées entre 750 et 3 600 FCFA, a été perçu comme l’humiliation finale. Le « malentendu technique » invoqué par le ministère n’a pas suffi à calmer la colère. Le fait que le récent communiqué place désormais les travaux sous la « coordination et les hautes instructions du Vice-Président du Gouvernement » sonne pour beaucoup comme un désaveu de la capacité de Camélia Ntoutoume Leclercq à gérer seule son département.
Conclusion : Une démission comme issue responsable ?
Depuis le 10 décembre 2025, l’Éducation nationale est à l’arrêt. Malgré la reprise annoncée des travaux de la commission tripartite pour le 13 janvier, la confiance est rompue. La méthode Ntoutoume Leclercq, faite de reports systématiques et de décisions administratives précaires, a conduit l’école dans l’impasse. Sa longévité exceptionnelle ne semble plus être un gage d’expérience, mais le symbole d’un système qui s’effondre.
Pour protéger l’État d’une faillite juridique et sauver l’année scolaire, sa démission reste, pour ses détracteurs, l’unique issue pour un véritable nouveau départ.










