Annoncée en grande pompe pour une entrée en activité effective immédiate, cette structure censée briser les monopoles et faire chuter le prix des denrées de première nécessité brille par son absence totale sur le terrain. Pourtant, tout semblait sous contrôle il y a encore quelques semaines. Le 4 mars dernier, le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, recevait le Directeur Général de la CEAG, Théophile Boutamba, pour un point de situation qui se voulait décisif. L’objectif affiché était alors d’accélérer les procédures pour garantir le respect de la date fatidique du 1er avril. À la sortie de cette audience, Théophile Boutamba affichait un optimisme serein, affirmant que les commandes étaient déjà lancées, le siège identifié et les partenariats avec les acteurs du circuit bouclés.
Il martelait même qu’aucune population ne serait oubliée, promettant une couverture nationale grâce à un dispositif logistique en phase de finalisation. Cependant, depuis ces déclarations rassurantes, le décor a radicalement changé. En ce mois d’avril où les premiers effets devaient se faire sentir dans le panier de la ménagère, le contraste est saisissant. Désormais, du côté du ministère de l’Économie qui porte ce projet, le locataire de l’immeuble Arambo, Thierry Minko, le directeur de la CEAG et leurs conseillers rasent les murs.
S’agit-il d’un blocage financier imprévu ou d’une incapacité logistique à traduire les promesses en actes concrets ? Ce mutisme gouvernemental ne fait qu’alimenter les inquiétudes d’une population déjà échaudée par l’inflation. Si les commandes ont réellement été lancées en mars comme l’affirmait la direction de la CEAG, leur absence sur le marché suggère des grains de sable majeurs dans les rouages de la distribution. En choisissant le silence plutôt que la transparence sur les difficultés rencontrées, les autorités prennent le risque de transformer ce projet stratégique en une simple chimère bureaucratique. Pour le citoyen, le constat reste amer : le compte à rebours est fini, les vitrines restent vides, et ce vide résonne désormais comme l’aveu d’une machine grippée avant même d’avoir démarré.
L’inquiétude est d’autant plus vive que la CEAG risque de rejoindre la longue liste des projets avortés. Cette paralysie intervient à un moment critique : dans quelques semaines, le gouvernement devra sceller un accord avec le FMI pour obtenir un appui technique et financier vital. Or, ces négociations s’accompagneront inévitablement de coupes budgétaires drastiques, laissant planer le doute sur la capacité de l’État à soutenir, demain, un projet qu’il semble déjà incapable de lancer aujourd’hui.






