Un espoir pour les actifs verts et l’ANPN
Pour l’expert, cette annonce constitue une bouffée d’oxygène attendue par un secteur en quête de second souffle après une période de stagnation : « Si cette information est avérée, c’est une très bonne chose et un excellent signal pour les actifs verts du Gabon ainsi que pour la conservation de façon globale. Il faut dire que depuis le coup de libération, les choses n’ont pas vraiment progressé sur le plan financier dans ce domaine. Les problèmes structurels et techniques que rencontre l’Agence Nationale des Parcs Nationaux sont d’ailleurs en partie liés à ce manque de ressources. »
Michaël Moukouangui Moukala rappelle d’ailleurs les difficultés récentes qui ont failli paralyser les efforts de conservation sur le terrain, faute de moyens financiers adéquats pour soutenir les ambitions nationales. « Il y a eu tout récemment une interruption du travail au niveau de l’ANPN, précisément à cause de ces tensions financières. Or, les financements ciblés ici concernent la vision 30×30, qui ambitionne de protéger 30 % des forêts et 30 % des marais du pays. »
Financer l’humain et les missions de terrain
L’arrivée de ces fonds coïncide stratégiquement avec un renforcement des effectifs au sein de l’administration des Eaux et Forêts, une dynamique qui nécessite des moyens opérationnels à la hauteur des enjeux de préservation : « L’annonce de ces financements est la bienvenue, d’autant plus que le ministère des Eaux et Forêts vient d’accueillir plus de 500 nouvelles recrues. Nous ne pouvons pas laisser ces agents sans moyens ; au-delà de leurs salaires, ils ont besoin de financements pour mener les activités de préservation sur le terrain. Si cet argent peut venir alléger les charges de l’État sur ce volet, c’est une excellente nouvelle. »
Le défi de la gestion : « La question phare »
Malgré cet enthousiasme, le journaliste ne fait pas l’économie d’une mise en garde ferme contre les dérives potentielles, rappelant que la crédibilité du Gabon sur la scène internationale de la finance verte dépendra d’une probité exemplaire : « La question phare qui demeure est celle de la rigueur dans la gestion de ces fonds. Nous savons que le risque de malversations ou de détournements peut poser problème. Nous espérons que les autorités sont assez conscientes de l’enjeu pour utiliser ces ressources à bon escient. D’autant plus que la bonne utilisation de ces fonds pourra en appeler d’autres. La transparence est donc de mise dans cette gestion. »









