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Bilie-By-Nze : « Si ça continue comme ça, je ne donne pas deux ans avant la catastrophe politique »

Liberté de la presse, états généraux de la Nation, modification de la Constitution, Oliguiville et la GOC, le FMI, loi de finances rectificative et même la hausse du prix de la Regab : l’ancien chef du gouvernement et président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze, n’a épargné aucun sujet ce vendredi lors de ses vœux à la presse à Libreville.

Arnaud Mbeng Edou par Arnaud Mbeng Edou
25 janvier 2026
dans Actualités, Les coulisses du pouvoir
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Un plaidoyer pour la liberté et la vérité

En ce début d’année 2026, Alain-Claude Bilie-By-Nze a débuté son allocution par un soutien appuyé au monde des médias, affirmant qu’en ces temps où « s’accumulent des nuages sombres sur le ciel de notre pays, l’orage de la tyrannie menace nos libertés fondamentales », faisant allusion au séjour carcéral du journaliste Harold Leckat ou encore à la récente garde à vue d’un autre confrère, Roland Oyouba. Il a rappelé que l’année 2016 marquait le dixième anniversaire du Code de la communication, un texte qui avait « consolidé les garanties essentielles de l’exercice du métier de journaliste » en levant notamment les peines d’emprisonnement. Pour lui, le moment actuel « exige de la vérité et du sens » car « ne rien faire serait une faute historique » face à un pouvoir qui semble criminaliser la parole libre. Il a martelé que « dire la vérité semble devenir un crime passible de peine de prison, au mépris de la loi et des engagements internationaux du Gabon ».

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La refondation institutionnelle : vers les États Généraux de la Nation

L’ancien Premier ministre a dressé un diagnostic sévère, estimant que « les institutions de notre pays ont été bricolées » et « conçues dans la précipitation ». Selon lui, cet édifice porte en lui « des contradictions profondes, des zones de flou institutionnel et une concentration excessive des pouvoirs ». Plutôt qu’un énième dialogue, il propose les États Généraux de la Nation pour éviter de « servir des intérêts individuels et particuliers » ou de « consolider le pouvoir d’un homme comme ça a été le cas à Angondjé ». Il prône une révision constitutionnelle car « le mélange des responsabilités ne fonctionne pas » et l’exécutif est en « panne de solution », illustré par un chef de l’État qui reçoit des syndicats à 4 h du matin alors que « les techniciens du domaine travaillent par ailleurs ».

Le scandale d’Oliguiville et la gestion occulte de la GOC

Bilie-By-Nze a vivement critiqué la gestion de la Gabon Oil Company (GOC), révélant que « pour la première fois depuis sa création, la GOC va connaître un résultat négatif, car ses comptes sont au rouge ». Il a dénoncé l’utilisation de 52 milliards de francs CFA pour « construire une ville fantôme » baptisée Oliguiville à Oyem, ainsi que des villas dans à Franceville, alors que « les populations attendent l’assistance de l’État sur la question de la vie chère ». Il s’est insurgé contre cette situation en demandant : « à quel moment l’Assemblée nationale a adopté dans la loi de finances la construction à Oyem d’une ville appelée Oliguiville ? ». Il a également pointé des financements vers le groupe EBOMAF à hauteur de « 20 millions de dollars par trimestre » sans « aucun contrat de prestations réelles », exigeant un audit indépendant de la GOC.

Le « bricolage » budgétaire et l’aveu d’échec face au FMI

L’ancien chef du gouvernement a fustigé « le budget le plus instable et le plus insincère de son histoire », passé de 7 233,3 milliards à 6 358,2 milliards en quelques jours, ce qui constitue selon lui un « aveu de bricolage budgétaire ». Il a souligné que les dépenses vont dépasser les ressources propres de l’État de plus de 810 milliards car « la boulimie financière des copains, coquins, consanguins et requins a un coût ». Il a dénoncé le recours au FMI après avoir juré le contraire : « peut-on faire confiance à une gouvernance qui ne dit pas la vérité à ses partenaires ni à son propre peuple ? ». Il prévient que le passage sous programme d’ajustement structurel « va faire mal, très mal » et que c’est le résultat d’un « régime sans cap et sans boussole ».

Vie chère : hausse des boissons

Sur la question de la vie chère, il a affirmé que « le gouvernement a du mal à assumer » que la hausse du prix de la Regab à 600 ou 700 francs est de son fait. Il a expliqué que ce sont les droits d’accise qui ont été augmentés et que les normes imposées par « les génies du ministère de l’Environnement » obligent la Sobraga à ajuster ses lignes de production. Il a prévenu les consommateurs : « vous croyez que M. Castel et ses équipes vont prendre cela sur leur marge ? Pas du tout ». Pour lui, « aujourd’hui, les ménages suffoquent et les entreprises étouffent » à cause d’une « avalanche de taxes mal pensées » qui menacent la survie du tissu économique.

Dénonciation des dépenses de prestige et loi de finances rectificative

Le dernier Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba exige une loi de finances rectificative car « un État responsable ne finance pas son budget en étranglant son peuple ». Il a fustigé des choix de prestige indécents, demandant « quelle est l’utilité économique d’une cité de la démocratie à 400 milliards » ou « quelle est la justification économique d’un deuxième palais présidentiel à Libreville, alors que l’actuel est plus que fonctionnel ? ».

Il a dénoncé le fait que « le travailleur voit son revenu diminuer alors que tout augmente sur le marché » à cause du doublement des cotisations à la CNSS « sans augmentation des salaires ni réformes profondes de la gouvernance de la caisse ».

Un avertissement solennel : « Arrêtons le massacre »

En conclusion, il a rappelé qu’en deux ans, ils ont « plus endetté l’État que le régime précédent en quatorze ans ». Son message final est un cri d’alarme : « 7 ans c’est trop ! Arrêtons le massacre ! ». Il a affirmé que « le pays va mal » et que si cette gestion « aléatoire et débridée des finances publiques » continue, il ne donne « pas deux ans avant la catastrophe politique ». Il a appelé à sortir de la « logique des cartels » pour revenir à l’intérêt général, car « ne rien faire serait une faute historique » et « refonder, maintenant, est un devoir républicain ».

L'URL courte de cet article est : https://www.leconfidentiel.ga/n50m
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