C’est un véritable gage de crédibilité que Théophane Nzame-Nze Biyoghe a déposé sur le plateau de France 24 pour tenter de désamorcer une crise scolaire qui s’enlise. Face à une contestation dont il reconnaît le caractère « légitime », le porte-parole de la Présidence a acté une date charnière : « Le 25 février, les arriérés seront versés. […] C’est une échéance qui est très attendue pour voir si le gouvernement prendra parole. » Pour l’émissaire du Palais, il ne s’agit plus de négocier, mais d’exécuter : le gouvernement est désormais « engagé à tenir sa parole pour régler la situation le plus rapidement possible ».
Pour étayer cette promesse, le porte-parole a dévoilé l’ampleur de l’effort financier consenti par l’État. Ce ne sont pas moins de 4 000 situations administratives qui seront régularisées pour le seul secteur de l’Éducation, s’inscrivant dans un plan global de 12 000 régularisations budgétisées pour l’exercice 2026.
Récupérant l’initiative politique, Nzame-Nze Biyoghe a tenu à préciser que cette manœuvre n’est pas une concession obtenue sous la contrainte : « Le Président de la République n’a pas attendu que se déclenche le mouvement » pour agir sur le traitement des fonctionnaires. Selon lui, les enseignants observeront, dès la semaine prochaine, une traduction concrète de ces engagements par des « gains financiers » effectifs sur leurs fiches de paie.
Si l’exécutif martèle que « le mouvement tend à se normaliser », il n’ignore pas que le retour à la sérénité reste suspendu à la réalité des comptes bancaires. Tout en concédant l’existence de « quelques poches de résistance », notamment à Libreville, le porte-parole a vanté les mérites de la « commission tripartite » comme unique voie de sortie de crise.
Pourtant, après une décennie de statu quo salarial et de promesses non tenues sous l’ancien régime, l’incrédulité des syndicats demeure le principal obstacle. En fixant lui-même ce compte à rebours au 25 février, Théophane Nzame-Nze Biyoghe place le gouvernement au pied du mur : la réussite de cette opération financière sera, sans nul doute, le baromètre définitif de la capacité du nouveau pouvoir à transformer ses paroles en actes.










